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SEPTEMBRE 2024

A BAS LE BUDGET 2025 DU GOUVERNEMENT ULTRA-REACTIONNAIRE MACRON-BARNIER !

Malgré la confusion ambiante, la question politique déterminante est celle du budget de l'État 2025. Après l'annonce en février par l'INSEE du dérapage du déficit public de 4,9% à 5,6% du PIB, le gouvernement Macron-Attal-Le Maire a immédiatement réagi en coupant 10 milliards d'euros dans le budget 2024 de l'État par décret. L'Éducation nationale et l'Enseignement supérieur ont perdu respectivement 691 millions et 904 millions d'euros ! Sans toucher au budget des flics et de l'armée, qui sont eux en constante augmentation depuis des années.

À bas le projet de budget 2025 du gouvernement ultra-réactionnaire Macron-Barnier ! Unité des organisations syndicales pour empêcher son adoption !

UN BUDGET DE GUERRE CONTRE LA JEUNESSE ET LE PROLÉTARIAT

Malgré la confusion ambiante, la question politique déterminante est celle du budget de l'État 2025. Après l'annonce en février par l'INSEE du dérapage du déficit public de 4,9% à 5,6% du PIB, le gouvernement Macron-Attal-Le Maire a immédiatement réagi en coupant 10 milliards d'euros dans le budget 2024 de l'État par décret. L'Éducation nationale et l'Enseignement supérieur ont perdu respectivement 691 millions et 904 millions d'euros ! Sans toucher au budget des flics et de l'armée, qui sont eux en constante augmentation depuis des années.

C'est aussi dans ce cadre que le gouvernement Macron-Attal-Le Maire, pourtant démissionnaire après la double défaite de la majorité aux élections, a pris en charge la préparation du budget 2025. Le 20 août, Attal a envoyé des « lettres plafonds » actant le gel du budget à la hauteur de celui de 2024 (492 milliards), ce qui revient à ne pas compenser l'inflation et donc au principe d'au moins 10 milliards de coupes. Ces coupes, qui ne constituent qu'une base minimale, et pourtant bien insuffisantes du point de vue de la bourgeoisie ; ce sont des milliards en moins dans des ministères comme celui du travail (avec la suppression de l'ASS, revenu minimal pour les chômeurs en fin de droit), de la santé ou de l'éducation pourtant déjà soumis à une terrible austérité.

Aujourd'hui, c'est à partir de ce projet, mortifère pour le prolétariat et la jeunesse, que Barnier prépare le budget 2025 qu'il devra soumettre au parlement au cours du mois d'octobre. Mais pour cela, il doit surmonter la crise ouverte au sommet de l'État par les élections européennes et amplifiée par les élections législatives qui ont suivi la dissolution.

Une crise politique ouverte après les européennes et les législatives

Le RN a obtenu plus de deux fois le score de Macron aux élections européennes. Ce dernier apparaissait désormais comme minoritaire dans le pays. Sauf à se discréditer, les partis d'opposition allait devoir voter une motion de censure. N'ayant plus de majorité pour appuyer sa politique bonapartiste dans le parlement, Macron prend les devants et dissout l'Assemblée nationale. Pariant sur les divisions au sein de la « Nupes », largement aggravées lors des européennes, il a tenté de se positionner comme celui autour duquel le Front Républicain pouvait se constituer. Finalement, Macron a perdu sa majorité relative et aucune majorité, même relative, ne s'est dégagée de ces élections. Il s'agit d'une deuxième défaite pour Macron.

En effet, les composantes de la « Nupes » (PS, PC, EELV, LFI) ont mis de côté leurs querelles pour nouer un accord de candidat unique dans chaque circonscription : le Nouveau Front Populaire - NFP. Cet accord, présenté fallacieusement comme un élan des masses populaires, est un pur accord électoral de politiciens bourgeois cherchant à sauver leur peau. D'ailleurs, le programme est venu après la répartition des circonscriptions ! Ce programme, même s'il présente quelques revendications ouvrières comme l'abrogation de la réforme des retraites, est surtout un programme de soumission aux exigences de l'impérialisme français. Aucune défense du peuple Kanak alors même que des dirigeants indépendantistes sont déportés en France pendant les élections (voir dans ce numéro). Soutien à peine voilé à Israël alors que LFI avait fallacieusement tenté de feindre une défense du peuple Palestinien pendant la campagne des européennes. Soutien inconditionnel à l'OTAN et à sa guerre par procuration en Ukraine. Sans parler de son volet économique, véritable tartuferie, qui se résume à faire payer la dette aux travailleurs grâce à l'argent dégagé par... plus de dette !

Au soir du premier tour des législatives, le NFP révèle son véritable contenu par la voix de Mélenchon lui-même : le Front Républicain. C'est un appel à voter pour tous ceux qui, par leur politique, ont pavé la voie au RN. Il permet finalement à l'ex-majorité présidentielle de se maintenir à l'AN et de réélire des personnalités comme E. Borne, l'immonde G. Darmanin ou encore un ténor de LR comme L. Wauquiez. Grand perdant de ce front républicain, le NFP occupe moins d'un tiers de l'AN, les théâtraux cris de victoire des dirigeants NFP n'y changeront rien. Leurs appels au « respect des urnes », « au déni de démocratie » sont réactionnaires, les partis bourgeois sont très largement majoritaires à l'AN.

Sans avoir de majorité, c'est le RN, le plus ouvertement réactionnaire des partis de la bourgeoisie, qui sort gagnant de ces élections législatives avec plus de 10 millions de voix au second tour. Comment en est-t-on arrivé là ? Les partis bourgeois ont besoin d'obtenir le soutien de couches petites bourgeoises et même de fractions du prolétariat pour gouverner. Or de nombreuses couches petites bourgeoises subissent de plein fouet les conséquences du déclin du capitalisme français : en particulier par la pression de la concurrence internationale qui se fait de plus en plus forte. C'est pourquoi ces couches se détournent des partis bourgeois traditionnels, de l'ex-majorité ou de LR qui incarnent l'axe pro-UE des cercles dirigeants de la bourgeoisie française. Elles font alors mouvement vers le RN qui leur paraît porteur d'une politique pouvant les protéger derrière des barrières douanières nationales. L'épisode de révolte agricole du printemps dernier, malgré son caractère hétérogène, en est un parfait exemple. Les organisations paysannes patronales proche du RN se sont renforcées.

Il en va de même pour des fractions entières du prolétariat qui, depuis plusieurs décennies, ont assisté aux trahisons discontinues des dirigeants du PS et du PC. Ces derniers ont pris eux-mêmes en charge les attaques contre les masses qui les avaient portés au pouvoir (Mitterrand, Jospin, Hollande). Au compte de la bourgeoisie, ils se sont comportés en gérants honnêtes et loyaux du capitalisme. Les liens du PS et du PC avec les masses sont ainsi en passe d'être rompus. L'émergence d'une formation comme LFI, qui se paie le luxe d'apparaître plus à « gauche », mais dont le programme ne se différencie, sur le fond, aucunement de celui du PS et du PC, en témoigne (voir dans ce numéro « à propos de LFI »). Ainsi détachés de leurs liens avec le mouvement ouvrier des fractions du prolétariat, souvent déclassées, ne voient d'autres issues que dans le repli national et le rejet des immigrés rendus responsables de leur situation.

Ce sont ces tendances de fond qui alimentent la montée en puissance du RN, quasi naturellement et pratiquement sans qu'il n'ait rien à faire. C'est pourquoi la crise politique en France se confond avec la crise économique de l'impérialisme français.

Aux origines de la crise : le déclassement de l'impérialisme français

Signe implacable de son déclin, l'impérialisme français a été chassé de nombreuses positions issues de son empire colonial. Ces positions sont sans cesse remises en cause par le dégoût que provoque celui-ci pour les populations locales mais aussi du fait de la pression exercée par les autres impérialismes pour en prendre le contrôle. Le soutien donné par Macron à la colonisation marocaine du Sahel est un casus belli pour le gouvernement algérien, ce qui acte la perte d'influence de Paris dans son ancienne colonie algérienne. Or l'Algérie jouait un rôle militaire central dans les opérations de l'impérialisme français au Sahel avant qu'il n'en soit expulsé pays par pays (Mali, Burkina Faso, Niger). De la même manière, la crise en Kanaky tourne à la débâcle malgré la présence d'hommes de troupe par milliers. La révolte de la jeunesse Kanak contre les caldoches (colons français) menace l'existence même des institutions françaises de la « Nouvelle Calédonie » - institutions qui forment une véritable administration coloniale.

Plus largement, la situation économique mondiale est marquée par le ralentissement de la Chine du fait de la profonde crise de son secteur immobilier. Le gouvernement chinois tente de conjurer la catastrophe par l'exportation massive de toutes une série de marchandises fondamentales de l'économie capitaliste (technologie, acier, automobile...). Les USA tentent de freiner ce mouvement par des mesures protectionnistes (investissements de l'État dans l'industrie américaine, barrières douanières) et militaro-diplomatiques (pression à Taïwan). En revanche, les vieux impérialismes européens perdent de plus en plus de parts de marché. Ils doivent également faire face à la faiblesse de leur propre marché intérieur car les salaires réels des prolétaires des métropoles impérialistes ont été laminé par l'inflation qui a suivi la crise du COVID. Or la situation du capitalisme français se dégrade particulièrement vite, sa place dans les échanges entre pays se réduit, y compris au sein de l'Union Européenne. Fait significatif : les fermetures ou menaces de fermetures de sites dépassent à nouveau en 2024 largement le nombre d'ouverture de sites industriels. Le capitalisme français est en voie de déclassement en Europe.

Un marqueur déterminant est celui de la dette publique. A cet égard, la France est à l'avant dernière place en Europe juste devant l'Italie et la Grèce, sa dette a atteint plus de 110 % du PIB fin 2023. Or malgré cet endettement de l'État, les capitalistes français ont terriblement besoin du soutien budgétaire, c'est ce qui est exigé à cor et à cri par le dirigeant du MEDEF P. Martin, qui prédit la catastrophe si « les orientations poursuivies depuis 2017 sont abandonnées ». Ces orientations c'est le soutien aux entreprises – aux capitalistes – appelé pudiquement « politique de l'offre ». Ce soutien est permis par la baisse des cotisations sociales (les « charges des entreprises »), la baisse des budgets sociaux de l'État (santé, éducation...) ou encore des contre-réformes comme celles des retraites. C'est là que réside le caractère de classe du projet de budget d'État de 2025 : pour pallier le déclassement de l'impérialisme français, la bourgeoisie doit s'en prendre frontalement aux acquis du prolétariat en matière sociale, cela commence par le budget général de l'État.

La nomination de Barnier : une tentative de conjurer les difficultés politiques

Si pour les intérêts généraux de la bourgeoisie il est clair qu'il faut passer à l'offensive sur le budget, les politiciens bourgeois sont divisés. La pression qu'exerce le RN sur les autres formations de la bourgeoisie est telle que les intérêts partisans et les carrières politiques individuelles peuvent prendre le pas sur les intérêts de classe. Les difficultés qu'a connues Barnier pour constituer son gouvernement en témoignent. Pourtant sa nomination ne doit rien au hasard, elle a été une tentative par Macron de conjurer les difficultés politiques rencontrées par la bourgeoisie.

Après une longue carrière de politicien bourgeois, plusieurs fois ministre (sous Balladur puis Chirac), il s'est illustré comme commissaire européen puis négociateur du Brexit. Or la France est sous le coup d'une procédure pour déficit excessif par l'Union Européenne menaçant d'approfondir son déclassement dans l'UE. Mais son atout déterminant a cependant été... sa compatibilité politique avec le RN ! Ses positions ultra-réactionnaires sont connues, il les a défendues ouvertement pendant la primaire républicaine de 2021 où il a repris les marottes du RN sur l'immigration (suppression de l'AME, référendum). Le Pen ne s'y est pas trompée puisqu'elle a tout de suite déclaré qu'elle ne censurera pas Barnier, qu'il était « un 1er ministre sous surveillance », faisant ainsi du RN l'arbitre de sa politique. Le front républicain réalisé autour des macronistes « contre l'extrême droite », aura donc permis à Macron de s'appuyer... sur le RN. C'est une leçon de chose sur la nature réelle du front républicain.

De ce point de vue, « l'opposition » du NFP tient de la tragi-comédie. Lors de sa « candidature », au poste de 1er ministre, L. Castet a révélé le pot aux roses : cette dernière, avec l'assentiment des différentes composantes du NFP, a déclaré qu'elle était prête à composer « texte par texte » à l'AN, à trouver des « majorités ». C'est donc la poursuite de la politique du front républicain, d'alliance – et donc de soumission - aux partis de la bourgeoisie. De même, l'opération de LFI à propos de la « procédure de destitution » de Macron cache en réalité son soutien au projet de budget en cours. Alors qu'il est hautement improbable que cette procédure aboutisse, Éric Coquerel dirigeant de LFI à la tête de la commission des finances de l'AN a déclaré qu'il était encore temps « d'amender dans le sens du programme du NFP » le budget préparé par Attal. Loin d'un combat contre le budget, et donc contre Macron, c'est une acceptation tacite du cadre budgétaire moribond imposé par la situation de l'impérialisme français.

Barnier a justement été nommé parce qu'il apporte des gages à la bourgeoisie sur sa politique fondamentale : en 2021 il défendait le recul de l'âge à la retraite à 65 ans. Cependant s'il a les faveurs du patronat c'est autant pour son programme que pour sa méthode : c'est un ardent défenseur du « dialogue social ». Il entend ainsi, à défaut de force politique à l'AN, s'appuyer sur les dirigeants syndicaux des centrales ouvrières (CGT, FO, FSU) pour trouver la stabilité qui lui manque. Fidèles lieutenants de leur bourgeoisie, ces derniers ont répondu à l'appel du devoir. B. Teste (FSU) assurent qu'ils jugeront « sur pièces », sans lui faire « le procès de vouloir appliquer le programme qu'il défendait lorsqu'il brigait l'investiture de la droite pour la présidentielle de 2022 ». Cette capitulation d'emblée est entièrement confirmée par S. Binet, la dirigeante de la CGT, qui a déclaré à la fête de l'Humanité qu'elle regrettait que Barnier n'ait « pas dit un mot sur les sujets de préoccupation des français (...), qu'il n'ait pas rencontré les organisations syndicales, qu'il ne se soit pas exprimé sur la question des salaires, des services publics, de l'Assurance chômage, des retraites... ». Un mensonge éhonté puisque Barnier a été très clair : pas question de revenir sur le cadre budgétaire de la réforme des retraites et donc sur l'âge de départ. En revanche les revendications de Binet ont été pour partie exaucées puisque les organisations syndicales ont été reçues très cordialement par le chef de cabinet de Barnier.

Une nécessité : combattre pour empêcher le projet budget 2025 de passer

Les dirigeants syndicaux ont montré leur disponibilité à soutenir Barnier dans la constitution de son gouvernement qui n'a pourtant, fondamentalement, qu'un seul objectif immédiat : faire passer le budget 2025 qui ne peut être autre chose qu'un budget de guerre contre les acquis du prolétariat et de la jeunesse. Or Barnier éprouve déjà des difficultés manifestes et a dû se résoudre à repousser la présentation de son texte. Au lieu de profiter de cette faiblesse, les dirigeants syndicaux (CGT, FSU, UNEF, Union Etudiante, Solidaires) organisent une « journée d'action » le 1er octobre dont l'appel ne mentionne qu'une seule fois le budget au détour d'une phrase !

Il s'agit d'une politique sciemment ajustée afin de soutenir un gouvernement fragile et d'interdire au prolétariat et à la jeunesse d'engager le combat contre la mise en place d'un budget de guerre à leur encontre. Or toutes les revendications sont aujourd'hui concentrées sur la question du budget, car ce dernier déterminera le cadre des attaques à venir. Il en va de même pour les étudiants dans les universités, où les 400 millions de coupes prévues par Attal vont s'ajouter à une situation déjà très difficile. On voit déjà poindre des articles sur la question de la hausse des frais d'inscriptions.

Le combat contre le projet de budget 2025 préparé par la bourgeoisie est également pleinement politique. Infliger une défaite sur le budget poserait inévitablement la question suivante : quel gouvernement pour établir un budget permettant de satisfaire les revendications brûlantes des masses laborieuses et de la jeunesse en France ? Cela changerait inévitablement la situation politique actuellement dominée, à la fois par les difficultés politiques de la bourgeoisie, mais aussi et surtout par le désarroi politique du prolétariat et de la jeunesse qui subissent défaite sur défaite. Cela mettrait à l'ordre du jour le combat pour un gouvernement ouvrier qui s'engage sur la voie de l'expropriation des exploiteurs. Cette voie est celle du socialisme, en l'occurrence, en France, celle du combat pour les États unis socialistes d'Europe.

C'est pourquoi, en premier lieu, il faut mener le combat pour imposer aux dirigeants des organisations syndicales ouvrières et de jeunesse (UNEF, Union Etudiante) qu'ils réalisent l'unité contre le projet de budget 2025 et préparent l'affrontement centralisé contre le gouvernement Macron-Barnier ou tout autre 1er ministre bourgeois qui pourrait lui succéder !

Pour imposer aux dirigeants des organisations syndicales qu'ils prennent en charge ce combat, il est indispensable de se regrouper et de construire des organisations politiques. Dans la jeunesse, ce combat est celui de la construction d'une Organisation de Jeunesse Révolutionnaire. C'est le combat que mène, à la hauteur de ses moyens, le Cercle de Jeune Révolutionnaire qui publie ce bulletin.

Le 20/09/24

Thématique : Editoriaux
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