Socialisme ou Barbarie Dernières publications
FEVRIER 2025

COMMENT COMBATTRE LE GOUVERNEMENT ULTRA RÉACTIONNAIRE MACRON-BAYROU ?

Malgré les difficultés politiques, les projets de budgets de l'État et de la Sécurité sociale du gouvernement Bayrou sont finalement passés par 49.3 avec le soutien du PS et du RN Ces budgets reprennent l'essentiel des projets de Barnier (voir SouB n°2). En réduisant les dépenses publiques relatives aux acquis du prolétariat, en particulier pour l'éducation et la Sécurité sociale, ils s'en prennent aux conditions de vie des masses et préparent de nouvelles attaques. Mais ce budget est loin d'être suffisant pour l'impérialisme français en déclin face au ralentissement de l'économie mondiale et l'exacerbation des tensions inter-impérialistes.

Malgré les difficultés politiques, les projets de budgets de l'État et de la Sécurité sociale du gouvernement Bayrou sont finalement passés par 49.3 avec le soutien du PS et du RN Ces budgets reprennent l'essentiel des projets de Barnier (voir SouB n°2). En réduisant les dépenses publiques relatives aux acquis du prolétariat, en particulier pour l'éducation et la Sécurité sociale, ils s'en prennent aux conditions de vie des masses et préparent de nouvelles attaques. Mais ce budget est loin d'être suffisant pour l'impérialisme français en déclin face au ralentissement de l'économie mondiale et l'exacerbation des tensions inter-impérialistes.

Situation internationale : que représente l'élection de Trump aux US ?

Le « cessez-le-feu » temporaire à Gaza orchestré par Trump et Netanyahou est en réalité un soutien total au génocide conduit par l'État d'Israël. Les dernières déclarations de Trump sur la déportation des masses gazaouies le démontrent. Mais quelle différence avec la politique Biden, si ce n'est dans l'exubérance des déclarations ?

La bourgeoisie américaine avait deux candidats aux élections, Biden du Parti démocrate et Trump du Parti républicain. Le Parti démocrate cherche historiquement à s'appuyer électoralement sur des fractions du prolétariat américain. Or, il a chuté lors de ces élections après le soutien sans faille de l'administration Biden à l'État colonial israélien et à son offensive génocidaire en Palestine. Il a aussi fait les frais de la dégradation des conditions de vie des masses, dont les franges petites-bourgeoises les plus réactionnaires se sont radicalisées au slogan nationaliste de « Make America Great Again » contre le prolétariat immigré. Mais le succès de Trump représente aussi la volonté de larges fractions de capitalistes américains — à l'image de Musk — de s'engager plus frontalement dans la guerre économique contre la Chine et les autres puissances impérialistes.

Cette dernière décennie, l'impérialisme américain a été percuté par l'émergence de l'impérialisme chinois. Or, ce dernier traverse aujourd'hui une profonde crise économique marquée par le déclin de son secteur immobilier qui avait porté la croissance chinoise ces dernières décennies. Le niveau de vie du prolétariat chinois commence à baisser et le PCC cherche à atténuer le ralentissement économique du pays par l'exportation de marchandises sur le marché mondial grâce à la puissance de son industrie. Ce faisant, il menace les positions des autres impérialismes sur des marchés déterminants de l'économie capitaliste, à l'image de l'automobile.

Jusqu'alors, les USA s'appuyaient sur les impérialismes européens pour assurer leur hégémonie mondiale. Mais, menacé par la Chine, Trump, au compte du capitalisme financier américain, cherche dorénavant à faire valoir les intérêts économiques des USA en s'affranchissant autant que possible de ces anciens rapports politiques issus de la Seconde Guerre mondiale (rétablissements de barrières douanières). Les économies européennes sont durement affectées par cette guerre économique, l'industrie allemande est en crise et, par conséquent, des millions d'emplois industriels sont menacés en Europe. C'est à peine si l'Union Européenne — cadre conflictuel de puissances capitalistes concurrentes — a son mot à dire dans les négociations sur un arrêt de la guerre en Ukraine. Là encore, Trump fait valoir les intérêts américains : l'heure est au pillage de l'Ukraine.

Le déclassement de l'impérialisme français

La perte d'influence de l'impérialisme français est manifeste. Il a perdu presque toutes ses positions dans son ancien empire colonial en Afrique de l'Ouest. Dans les colonies qu'il administre encore, les crises se succèdent (Kanaky, Antilles, Mayotte). À Mayotte, la dévastation provoquée par le cyclone Chido est d'abord le produit des rapports coloniaux sur l'île. Depuis le détachement purement administratif de Mayotte de l'archipel des Comores, la population comorienne hors Mayotte est stigmatisée et persécutée. L'opposition raciste entre Mahorais et Comoriens sert aux élites locales à justifier le maintien de Mayotte dans le cadre de l'impérialisme français. Les politiques anti-migrants, comme la remise en cause du droit du sol qui vient d'être adoptée au Sénat, servent de ballon d'essai à la bourgeoisie française pour le territoire hexagonal. Malgré la brutalité coloniale, l'impérialisme est incapable d'endiguer les crises sociales qui traversent ses territoires coloniaux.

Ces difficultés sont le reflet de sa faiblesse sur le marché mondial. La progression du déficit public de l'État, et donc de la dette (112% du PIB), est un indicateur de l'atonie de l'économie française. C'est pourquoi la question du budget est centrale pour la bourgeoisie française. Il lui faut pouvoir dégager des marges de manœuvre pour soutenir ses champions capitalistes et accroître massivement les dépenses militaires.

La chute du gouvernement Barnier, symptôme de la crise de la bourgeoisie française

En décembre, le RN, qui est pourtant un parti bourgeois, a pris la décision de voter la motion de censure présentée par les partis du NFP faisant ainsi chuter le gouvernement Barnier. Ce vote, malgré les concessions à répétition de Barnier au RN, avait pour but de satisfaire sa base sociale, une petite bourgeoisie et un prolétariat déclassé et excité contre le prolétariat immigré. Le RN est aujourd'hui candidat au pouvoir. S'il ne fait pas de doute qu'il respectera les intérêts du capital financier français — pour qui il est hors de question de quitter l'UE — le RN se doit d'apparaître crédible aux yeux de son électorat. C'est un concentré de la crise politique de la bourgeoisie française.

Avec la chute de Barnier, le coût de la dette française a bondi. Les banques internationales ont pris acte du déclassement de l'impérialisme français et exigent des taux d'intérêt plus élevés à l'emprunt. Si bien que le remboursement de ces intérêts (la charge de la dette) constitue l'un des plus gros postes du budget de l'État (55 milliards pour 2025). Cela renforce encore la nécessité pour la bourgeoisie française de s'en prendre aux acquis ouvriers.

De larges fractions du prolétariat en ont conscience, mais elles sont privées de prise pour combattre. Le 5 décembre, l'intersyndicale de la Fonction publique a appelé à une journée d'action qui s'est transformée en une grève assez suivie chez les enseignants. Cependant, cette grève intervenait le lendemain du vote de la motion de censure, et c'est ainsi au RN qu'est revenue la chute du gouvernement Barnier. Tournée contre le budget qui visait lourdement les fonctionnaires avec l'augmentation des jours de carence, la grève n'avait plus d'objet, les cortèges étaient atones.

Pire, au soir du 5 décembre, les dirigeants syndicaux ont affirmé leur soutien à la bourgeoisie dans cette période d'instabilité politique. Ils déclaraient :

« nos organisations appellent le chef de l'État et l'ensemble des acteurs à faire primer l'intérêt général sur leurs intérêts individuels ou partisans de court terme »

L'intérêt général dans une société de classe, c'est l'intérêt de la classe dominante, du capital financier en l'occurrence. C'est donc sous le patronage des dirigeants syndicaux qu'a pu être formé le gouvernement Bayrou après la chute de Barnier.

Un gouvernement ultra réactionnaire et un budget de guerre contre les masses

Le gouvernement Bayrou est d'emblée ouvertement réactionnaire et anti-ouvrier. L'infâme Darmanin qui avait manifesté avec les flics contre la Justice se retrouve... ministre de la Justice. Retailleau, confirmé comme ministre de l'Intérieur, est en campagne pour obtenir la présidence du parti LR. Il se place clairement sur le terrain du RN par sa surenchère policière et anti-immigration. Valls, paria politique, est nommé ministre des « Outre-mer » pour son expertise en politique coloniale ; il a en effet été un acteur, sous Rocard, des accords de Nouméa (voir l'article Kanaky, SouB n°2). La nomination de Borne comme n°2 du gouvernement à l'Éducation Nationale est une insulte faite aux enseignants qui s'étaient mobilisés lors des manifestations contre la réforme des retraites. Rappelons que c'est le front républicain, porté par le NFP et les syndicats au nom du combat contre l'extrême droite, qui a permis la réélection de Darmanin et Borne.

La composition de l'Assemblée nationale n'a pas changé, Bayrou doit faire face à la même équation politique que Barnier. C'est le PS qui, au compte de la bourgeoisie, s'est engagé à ne pas censurer le gouvernement au nom de « concessions » qu'il aurait obtenues. Mais de quelles concessions parle-t-on ? À la place des suppressions de postes d'enseignants prévues par Barnier pour 50 millions d'économie, le budget prévoit 250 millions de coupes dans le budget de l'EN. L'augmentation des jours de carence lors d'arrêts maladie pour les fonctionnaires est remplacée par la baisse de 10% de l'indemnisation de ces arrêts de travail ! Le maintien de l'indexation des pensions de retraite sur l'inflation au 1er janvier est le produit de la chute du gouvernement. Non, définitivement, il n'y a eu aucune concession, c'est peu ou prou le même budget que celui de Barnier (voir SouB n°2).

Mais si le PS a pu maintenir son soutien au gouvernement, c'est avant tout parce que les dirigeants syndicaux s'y sont eux-mêmes engagés en participant au « conclave » sur les retraites. Présenté comme une concertation pour discuter de la réforme des retraites, le conclave est une manœuvre grossière de la part de Bayrou afin de s'assurer le soutien plein et entier des directions syndicales et leur bousille de toute contestation possible. Le patronat, à travers le MEDEF, est en position d'arbitre et le cadre budgétaire de la discussion est celui fixé par la Cour des comptes, c'est-à-dire celui de la « réduction des dépenses publiques ». Il n'est évidemment pas question d'abrogation — ni même de suspension — de la réforme de Borne, mais de permettre l'adoption du budget. Tout en participant à cette piteuse mascarade, les dirigeants syndicaux se sont refusés à dénoncer les projets de budgets et à affronter le gouvernement pour empêcher leur adoption. C'est cela qui a donné toute latitude au PS de ne pas voter la censure. L'adoption sans vote de ce budget de coupes sans précédent depuis des décennies contre les travailleurs et la jeunesse est une défaite sans combat infligée au prolétariat.

La situation politique à l'Université après le vote du budget

Mi-janvier à Rennes, les militants syndicaux et politiques de Rennes 2 organisent un blocage rituel de leur université. Ce type de coup est l'équivalent des journées d'actions des dirigeants syndicaux mais à leur propre surprise, les étudiants, après avoir constaté le blocage, restent pour écouter ce que les militants ont à leur dire. Devant prendre la parole devant les étudiants, les responsables locaux sont bien obligés de faire état de l'ampleur des offensives que préparent le budget du gouvernement Bayrou, ne serait-ce qu'à travers ses conséquences locales.

Avec le budget 2024, les universités sont déjà asphyxiées, la grande majorité d'entre elles sont en déficit. C'est dans cette situation que le budget 2025 pour l'Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR) acte de nouveaux coups de rabots à hauteur de 1,2 milliard. On comprend bien que pour appliquer ces coupes, il va falloir supprimer des pans entiers de la recherche et de l'enseignement supérieur public. C'est au CNRS que l'offensive a commencé : dès le mois de décembre, le directeur du CNRS annonce que 75% des 900 labos de recherche ne recevront plus leurs financements. Ce projet, dit de « key labs », concerne plus de 50% du personnel du CNRS. Les universités auront la charge de pallier cette absence de financement. C'est pourquoi, le 3 décembre dernier, les présidents d'Université avaient prévenu leurs collègues : si le projet de budget venait à être adopté, ils n'auraient d'autre solution que d'augmenter les frais d'inscriptions.

Depuis, Philippe Baptiste, le ministre délégué à l'ESR, a confirmé que les offensives contre le droit aux études allaient reprendre. Il annonce, dans la continuité des politiques liberticides à l'Université une nouvelle circulaire contre « l'antisémitisme », c'est-à-dire contre toute expression en solidarité au peuple palestinien. Il déclare aussi reprendre la réforme des Crous, afin de les privatiser, par l'ouverture de nouvelles concertations avec les syndicats étudiants.

Or c'est bien dans le cadre du dialogue social que veulent s'insérer les dirigeants syndicaux étudiants. À la suite de l'AG de Rennes 2, ils impulsent partout des réunions publiques sur « l'austérité » à l'Université, à la veille du vote du budget. Des étudiants s'y rendent, écoutent et repartent : aucune prise pour combattre ne leur y est proposée, d'autant que le budget est voté dans la foulée. Les dirigeants étudiants fabulent sur la mobilisation massive dans les facs. Ils donnent aux étudiants la perspective d'une « journée d'action » de mobilisation le 11 février, avec comme point d'orgue un rassemblement au ministère de l'ESR à Paris. En réalité, le 11 février avait surtout lieu au ministère une réunion du CNESER, la première sous le nouveau gouvernement. Le CNESER est la plus haute instance de dialogue social pour l'ESR, où les dirigeants syndicaux siègent au côté du ministre. Ce rassemblement n'était donc pas tourné contre le ministère, contre le budget, mais en soutien à la délégation syndicale qui s'est rendu à son rendez-vous avec le ministre pour discuter de la répartition des coupes du budget de l'ESR. Les étudiants, eux, ne se sont pas mobilisés le 11 février.

Les dirigeants syndicaux s'enfoncent dans l'union nationale avec la bourgeoisie

Cette politique de dialogue social est une politique de collaboration de classe généralisée par les appareils dirigeants des organisations syndicales. La crise du capitalisme, et plus singulièrement encore celle de la bourgeoisie française, exige des dirigeants syndicaux la plus totale compromission. Ils doivent ouvertement défendre « l'intérêt général » de la bourgeoisie, et abandonner la défense des intérêts des travailleurs. Sophie Binet, la dirigeante de la CGT, le reconnaît explicitement. Elle a déclaré le 7 février devant le congrès de la FSU :

« Pour affronter l'internationale d'extrême droite, de Trump, Musk, Poutine, Netanyahou et tant d'autres, il nous faut renforcer notre stratégie internationale et européenne. Ce contexte glaçant est aussi un moment de clarification. Un moment où il va falloir choisir son camp. L'intérêt général a rarement été aussi fragilisé... Face à la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, l'Europe doit changer de paradigme »

Son camp, c'est donc celui du capital financier français et de l'UE, un camp menacé par l'offensive économique des USA et de la Chine. C'est cela qui, fondamentalement, explique qu'au nom du « front républicain contre l'extrême droite » les dirigeants syndicaux s'échinent à réaliser l'union nationale derrière Macron et aujourd'hui Bayrou. À sa manière, Binet l'assume pleinement et reconnaît son rôle en parlant carrément de victoire aux dernières élections :

« La victoire que nous avons remportée le 7 juillet au soir en empêchant Bardella de rentrer à Matignon démontre qu'il n'y a pas de fatalité. Nous pouvons en être fiers. C'est la mobilisation de la société civile et d'une majorité des organisations syndicales qui a déjoué tous les sondages. »

Une nécessité : s'organiser sur le terrain du combat pour le socialisme

Le résultat le plus mesurable de cette politique de soutien ouvert aux gouvernements bourgeois au nom de la lutte contre l'extrême droite est... la progression de l'extrême droite. Le prolétariat est politiquement paralysé par cette politique car elle n'ouvre aucune issue positive, de classe, et en conséquence les divisions au sein de la classe ouvrière s'approfondissent. Toutefois, la situation politique n'offre aucune stabilité à la bourgeoisie française. Ses difficultés restent manifestes et les déboires de son personnel politique, à l'image de l'affaire de pédocriminalité couverte par Bayrou, en témoignent. Dans ces conditions, le gouvernement va devoir redoubler ses offensives contre les acquis ouvriers.

Les jeunes qui s'engageront dans le combat contre le gouvernement pour défendre leur droit aux études, à la qualification, contre la guerre, trouveront en face d'eux les appareils syndicaux inféodés à la défense de l'ordre bourgeois. À l'université, le premier combat est donc celui d'imposer aux différents syndicats étudiants qu'ils réalisent leur unité pour affronter les gouvernements bourgeois, au côté des organisations du mouvement ouvrier.

Lors des dernières AG organisées sur les universités contre le budget, les militants du CJR sont intervenus sur cet axe. À Toulouse, à Montpellier, aux Mines à Paris, à Nanterre, ils ont soumis la position suivante aux étudiants présents :

« Pour que les organisations étudiantes réalisent leur unité et engagent nationalement le combat contre le budget 2025 du gouvernement Macron-Bayrou. Qu'elles s'adressent aux organisations syndicales ouvrières pour mener ce combat côte à côte. Pour que nos organisations syndicales rompent immédiatement avec le gouvernement, y compris sur les retraites. L'AG du Mirail enjoint les organisations présentes à reprendre ces mots d'ordre, les publier et les défendre devant leurs directions nationales afin de centraliser le combat. À bas le budget 2025 ! »

Les étudiants présents ont voté favorablement à ce qui leur semblait être une évidence. Pourtant, les militants des organisations syndicales (UNEF, UE, Solidaires...) et politiques d'extrême gauche (NPA, RP-LPL, TMI-PCR), chacun à leur manière, ont combattu cette position et ont refusé de la reprendre. Ils y ont opposé les actions locales bidons et le soutien au dialogue social avec la journée du 11 février. À Toulouse, les élections au conseil des 16 et 17 février mobilisèrent bien davantage les militants de l'UE, l'UNEF et LPL que le combat contre le budget.

Les étudiants sont privés de cadre d'organisation national depuis la décomposition de l'UNEF et les petits chefs syndicaux et politiques locaux font régner la division sur les campus (voir article dans ce numéro). En l'absence de mouvements importants, le point de départ pour mener le combat pour l'unité des étudiants face au gouvernement, pour reconstruire un véritable syndicat étudiant, est de s'organiser politiquement. Les étudiants ont besoin d'une organisation politique en mesure de faire le lien entre ce combat et celui pour le socialisme.

D'abord, il faut affirmer que les dirigeants syndicaux sont responsables de la division qui règne dans la jeunesse ouvrière et scolarisée. C'est le produit de leur politique traitre de défense de l'ordre bourgeois (dialogue social, journées d'actions, front républicain). Leur soutien acharné aux gouvernements bourgeois bouche toute perspective politique favorable à la jeunesse et les travailleurs et nourrit la division.

Contre l'union nationale du front républicain, il faut donc affirmer que seul un gouvernement des organisations ouvrières unies, sans ministre capitaliste, peut être opposé à la montée des partis bourgeois ultra-réactionnaires. D'un tel gouvernement, le prolétariat et la jeunesse seraient en position d'exiger qu'il s'engage dans le refus de payer la dette de l'impérialisme français, dans l'expropriation des capitalistes (banques, secteurs vitaux de l'économie) et dans l'organisation de la production pour satisfaire les besoins des masses.

De la même manière, la jeunesse a besoin d'une organisation qui, à la décomposition des sociétés capitalistes européennes et leur militarisation, oppose la perspective des États-Unis Socialistes d'Europe, seuls à même d'unifier le prolétariat et la jeunesse en Europe.

Aujourd'hui à l'Université, après le coup porté par le vote du budget, combattre pour l'unité des étudiants face au gouvernement Macron-Bayrou-Retailleau, c'est pour combattre pour que les syndicats étudiants cessent toute discussion avec le ministère de l'ESR, en particulier qu'ils refusent de discuter de la destruction des Crous ! C'est la condition pour qu'ils réalisent leur unité pour affronter le gouvernement.

Avancer ces perspectives, c'est combattre pour la construction d'une Organisation de Jeunesse Révolutionnaire. C'est le terrain politique sur lequel les militants regroupés autour de ce bulletin s'organisent et t'invitent à rejoindre leur combat.

Thématique : Editoriaux
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