Socialisme ou Barbarie Dernières publications
AOUT 2022

Ébauche de définition politique du Cercle de Jeunes Révolutionnaires : Combattre sur le terrain politique de l’ORJ et l’IRJ

Notre nom complet est le Cercle de Jeunes Révolutionnaires de Montpellier pour le socialisme pour la construction de l’Organisation Révolutionnaire de Jeunesse (ORJ) et de l’Internationale Révolutionnaire de Jeunesse (IRJ). Avec cette formulation on a tout dit et en même temps on n’a rien dit.

Le texte ci-dessous est l’intervention de présentation politique du CJR faite lors de l’organisation de la réunion publique organisée par le CJR de Montpellier le 22 février à l’occasion de la première publication du CJR, la parution de la brochure « Que faire face à la transformation inéluctable de la planète en enfer pour l’humanité par le capitalisme ». Cette intervention faite par un camarade est le fruit d’une discussion collective du CJR et que, après réalisation, le CJR a décidé d’adopter en tant que premiers éléments de sa définition politique.

Qui sommes-nous ?

Notre nom complet est le Cercle de Jeunes Révolutionnaires de Montpellier pour le socialisme pour la construction de l’Organisation Révolutionnaire de Jeunesse (ORJ) et de l’Internationale Révolutionnaire de Jeunesse (IRJ). Avec cette formulation on a tout dit et en même temps on n’a rien dit. Qu’est-ce à dire alors ? Rien n’est politiquement plus difficile que de répondre jusqu’au bout à cette question, alors je donnerai les éléments que j’ai été capable de mettre en ordre pour aujourd’hui et conformément à ce que l’on a pu discuter en réunion avec la grosse quinzaine de camarades du CJR. Je m’y essaie donc sous leur regard critique, confiant qu’ils ne manqueront pas de me faire la peau pendant la discussion ou durant la prochaine réunion si je dis des âneries.

Politique de la bourgeoisie envers la jeunesse : Déqualification et organisation de la terreur policière

Tout d’abord, pour se définir politiquement en tant que regroupement politique de jeunesse, on peut partir de la situation immédiate qui est celle des rapports politiques entre la jeunesse, tant scolarisée que travailleuse (ou plutôt privée de la possibilité de travailler vu le taux de chômage chez les jeunes), et les gouvernements du capital en France. De ce point de vue, Macron a donné le ton de la campagne de la bourgeoisie pour ces présidentielles. Après un bilan d’une extrême violence sur le droit aux études pour les jeunes (je ne fais pas la liste), il s’est déclaré ouvertement et sans fard pour rendre payant l’accès à l’Université. Il s’agit donc de faire porter à la jeunesse issue des couches populaires, c’est-à-dire en majorité du prolétariat et de la petite bourgeoisie appauvrie, le coût de sa propre formation en la forçant à s’endetter sur des dizaines d’années (voir la dette étudiante aux USA et en Angleterre).

Mais ce n’est pas tout : il s’agit aussi de contraindre des fractions toujours plus importantes de cette jeunesse à la déqualification pure et simple avec la généralisation de l’apprentissage. A ce titre on peut faire le rappel suivant : 200 000 contrats d’apprentissage en 2018 contre 700 000 en 2021, source de main d’oeuvre quasi gratuite pour le patronat financée largement par l’État, ce à quoi il faudrait même ajouter la généralisation des garanties jeunes, des services civiques etc… C’est la réfraction dans la jeunesse des offensives appelées des voeux du MEDEF contre le fameux « coût du travail » que nous appelons nous : valeur de la force de travail, et dont la défense est un point de départ de notre unité politique.

Donc, voilà un des premiers points de notre définition politique.

A côté de cela, il faut mentionner la volonté systématique de répression à l’encontre de la jeunesse. En 2016 et en 2018, contre la loi travail puis contre Parcoursup, les cortèges ont été allégrement gazés, nassés, chargés. En 2019, on pensera aux lycéens de Mantes-La-Jolie. En 2020, à la suite des manifestations à l’appel du comité Adama dans le sillage du mouvement BLM, manifestations à Paris d’une fraction importante de la jeunesse ouvrière issue des quartiers ouvriers en déshérence que sont les dits « quartiers populaires », c’est l’organisation de la terreur à Redon lors d’une manifestation festive qui faisait suite au 1 an de la mort de Steve assassiné par la police lors de fête de la musique 2019 à Nantes.

Le combat contre la qualification de la jeunesse exige donc le renforcement toujours plus important du caractère policier de l’état, de l’état bourgeois. Voilà donc un autre point de départ de notre unité politique : le combat pour la défense des libertés démocratiques, c’est-à-dire en définitive contre l’état bourgeois et ses institutions de classe.

Un mode de production roulant à toute vitesse vers la barbarie

Une fois qu’on a identifié cela, c’est à dire que la politique de la bourgeoisie contre la jeunesse se concentre sur la déqualification généralisée de la force de travail de la jeunesse et la recherche de l’organisation systématique de la terreur policière dans chaque mouvement de la jeunesse un tant soit peu orienté contre les gouvernements du capital ; il faut en identifier la cause : pourquoi donc cette politique ? Parce que le capitalisme français en crise l’exige, parce que la crise du capitalisme français n’est qu’une réfraction nationale de la crise généralisée du mode de production capitaliste. Partout dans le monde pour les différentes bourgeoisies il faut augmenter le taux d’exploitation, levier le plus sûr pour le maintien d’un taux de profit satisfaisant. Et, dès lors, on remarque clairement ce qui est ressenti violemment par la jeunesse : la puissante progression de la barbarie à l’échelle internationale. Le capitalisme devenu impérialisme a tout d’un système pourrissant et moribond comme le notait déjà Lénine et Luxembourg. Et, oui, le sujet d’aujourd’hui en témoigne puissamment : la transformation de la planète en enfer pour l’humanité par le capitalisme.

Mais ce n’est en réalité qu’une des facettes de la progression inouïe de la barbarie capitaliste à l’oeuvre dans la putréfaction du capitalisme. Je vais lire un passage de l’introduction de la brochure du CJR qui l’exprime bien mieux que toutes mes paraphrases :

« Depuis le début du XXe siècle, le capitalisme a atteint son stade ultime, l’impérialisme. La lutte entre les impérialismes pour se partager le monde ne connaît pas d’interruption. Elle génère conflits armés incessants, migration et déplacement de millions de personnes fuyant la guerre, la misère et la famine. Près d’un tiers de la population mondiale souffre de sous-alimentation et n’a même pas accès à des services d’alimentation domestique en eau potable. L’immense majorité de la population mondiale est livrée à elle-même face à la pandémie due au Covid-19, les puissances capitalistes se réservant l’accès aux vaccins avec, comme première préoccupation, que les prolétaires ne soient pas empêchés de travailler pour suer la plus-value. La production et le commerce de l’armement battent chaque année des records. Spéculation financière, endettement inégalé et corruption rythment l’actualité politique. L’impérialisme en pleine putréfaction n’a pas d’autre solution que de remettre en cause partout dans le monde les acquis arrachés au cours des dernières décennies par les combats de la classe ouvrière et de la jeunesse (droit au travail, santé, éducation...). »

Voilà donc un autre point de notre unité politique : la reconnaissance de la condamnation historique du mode de production capitaliste qui ne pourrait se résoudre par aucun traitement magique, pourtant tant dispensé par tous les charlatans d’hier et d’aujourd’hui, pour une meilleure répartition des produits du capital : ceci est strictement impossible, le capitalisme est incurable et la barbarie progressera inexorablement sous ce mode de production.

A quelle condition un avenir est-il possible ?

Ainsi, une seule question fondamentale demeure pour la jeunesse face à la progression de la barbarie capitaliste : à quelle condition un avenir est-il possible ? On arrive ainsi au fondement le plus important de notre regroupement politique, ce qui fait la base de notre regroupement malgré les disparités entre nous que nous oeuvrons à combler par la formation, car à cette question nous répondons : le socialisme. Au régime du profit nous opposons le régime de la satisfaction des besoins.

Comment un tel régime est-il possible ? Par le combat nécessaire de la classe exploitée pour défendre ses conditions d’existence, ses intérêts immédiats qui à l’époque de l’impérialisme se résument toujours à la conquête du pouvoir politique, au combat pour un gouvernement ouvrier et ce à l’échelle internationale car nous reconnaissons le caractère international de la lutte des classes : le socialisme n’est possible qu’à cette échelle. Nous combattons au côté de la classe fondamentalement exploitée sous le mode de production capitaliste, le prolétariat, et son coeur industriel, la classe ouvrière, afin qu’elle chasse la bourgeoisie du pouvoir politique et soit ainsi en mesure d’organiser, de planifier (et ceci n’a rien à voir avec les versions intégralement capitalistes promues par De gaulle, ou à sa suite Mélenchon) la production en fonction non plus du profit individuel mais de la satisfaction des besoins sociaux de l’humanité.

La sécurité sociale, conquête ouvrière, le porte par exemple en son sein avec la formule : « de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins », c’est pourquoi le gouvernement capitaliste cherche à la liquider.

Voilà pourquoi nous avons donné le nom « Socialisme ou Barbarie » à notre bulletin et y avons imposé la citation suivante de Rosa Luxembourg reprenant Friedrich Engels :

« la société bourgeoise se trouve à la croisée des chemins : soit en transition vers le socialisme, soit en régression vers la barbarie »

A condition de combattre pour l’ORJ et pour l’IRJ

Mais le mouvement vers le socialisme, le combat du prolétariat peut-il uniquement dépendre de la spontanéité des masses ? Pour reprendre la brochure du CJR :

« Le premier obstacle à la marche à la révolution socialiste est que la classe ouvrière et la jeunesse sont confrontées à la trahison de leurs vieux partis (sociaux-démocrates, ex-staliniens) et des dirigeants des syndicats ouvriers. Tous collaborent étroitement avec leur bourgeoisie et ses partis, dont les Verts, au nom de « la transition écologique », dans la perspective de l’instauration d’un soi-disant « capitalisme vert », c’est-à-dire en défense de l’ordre bourgeois. »

Ce qui est vrai pour l’écologie est vrai pour le reste, à chaque moment les dirigeants des organisations issues du mouvement ouvrier, en France en particulier les dirigeants syndicaux, de la CGT, de la FSU, de FO, de l’UNEF, de Solidaires ; avancent main dans la main avec le gouvernement pour s’associer à ses attaques contre le prolétariat sous couvert du cyniquement fameux « dialogue social ». Au nom de l’intérêt général, de l’union de toutes les classes pour la « patrie », la « république » ou la « nation » (choisissez la formule), c’est une collaboration permanente pour s’opposer à toutes tentatives de résistance organisée de la jeunesse et du prolétariat aux offensives de la bourgeoisie.

Trotsky en 1938 écrivait, sans aucune démagogie, dans le Programme de transition en partant de la nécessité du socialisme et de la trahison consciente et organisée des dirigeants du mouvement ouvrier :

« La crise historique de l’humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire ».

C’est pourquoi à la question : à quelle condition un avenir est-il possible ? Nous ne répondons en réalité pas simplement « le socialisme », nous disons : à condition de combattre pour le socialisme contre toutes les forces qui s’y opposent. D’où la nécessité de fonder notre action politique sur le terrain de la construction de l’ORJ et de son internationale au côté du combat pour la construction du POR et de son internationale.

Grand programme petit cercle

Nous ne sommes qu’un cercle de jeunes révolutionnaires et nous n’avons évidemment pas la prétention d’être l’organisation révolutionnaire dont la jeunesse a cruellement besoin pour combattre pour le socialisme. Mais, c’est sur le terrain de la construction d’une telle organisation que nous entendons mener notre combat politique. Et cela, sans se raconter d’histoire, à la mesure de nos forces limitées et avec la multitude d’erreurs et d’imprécisions nécessaires à notre apprentissage de militants prolétariens. Et cela sans que notre engagement ne prenne le dessus sur nos conditions de travail ou d’étude. La défense de la valeur et la qualification de la force de travail n’est pas un vain mot pour nous : c’est notre programme.

Comment ? Un armement politique indispensable : le marxisme

Malgré les immenses calomnies et nombreuses versions frelatées qui en existent, nous chercherons, pour mener ce combat, à nous armer de la théorie du mouvement révolutionnaire du prolétariat élaborée initialement par Karl Marx et Friedrich Engels et perpétuée par Luxembourg, Lénine et Trotsky : le marxisme.

Nous nous appuierons sur le bulletin Combattre Pour le Socialisme (CPS) et du groupe qui l’édite pour nous aider à nous réapproprier et vivifier dans la lutte des classes les acquis du mouvement ouvrier révolutionnaire depuis plus de 150 ans, de la 1ere, de la 2eme, de la 3eme puis de la 4eme internationale.

Organisations : CJR
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