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FEVRIER 2026

Éléments d’intervention des militants du CJR à Paris

Depuis deux ans la France, comme l'ensemble des vieilles citadelles impérialistes (USA, Allemagne, GB...), se démarque par la vigueur qu'elle met à écraser toute mobilisation en soutien pour le peuple palestinien. A l'université, alors que dans le monde entier des étudiants cherchent à se porter à l'avant du combat contre le génocide, une chasse aux sorcières est organisée et encadrée par les circulaires des gouvernements Macron (Retailleau en 2023 et Hetzel en 2024). Une chasse renforcée en juillet 2025 par l'adoption de « la loi contre l'antisémitisme à l'université ». Avec elle, les « faits d'incitation à la haine ou à la violence » ou « susceptibles de porter atteinte à l'ordre ou au bon fonctionnement de l'établissement » deviennent motifs de sanctions. Libre aux présidences d'interpréter ces « faits », même ceux effectués « en dehors de l'établissement », de la manière qui les arrange.

À l'automne 2025, la répression du soutien au peuple Palestinien s'intensifie sur les université

Depuis deux ans la France, comme l'ensemble des vieilles citadelles impérialistes (USA, Allemagne, GB...), se démarque par la vigueur qu'elle met à écraser toute mobilisation en soutien pour le peuple palestinien. A l'université, alors que dans le monde entier des étudiants cherchent à se porter à l'avant du combat contre le génocide, une chasse aux sorcières est organisée et encadrée par les circulaires des gouvernements Macron (Retailleau en 2023 et Hetzel en 2024). Une chasse renforcée en juillet 2025 par l'adoption de « la loi contre l'antisémitisme à l'université ». Avec elle, les « faits d'incitation à la haine ou à la violence » ou « susceptibles de porter atteinte à l'ordre ou au bon fonctionnement de l'établissement » deviennent motifs de sanctions. Libre aux présidences d'interpréter ces « faits », même ceux effectués « en dehors de l'établissement », de la manière qui les arrange.

Dans le sillage de cette loi, la répression du soutien au peuple palestinien, assimilé à de l'antisémitisme, se déchaine : A Lille, une étudiante gazaouie est exclue de l'université sous le prétexte « d'apologie du terrorisme ». Le gouvernement suspend alors toutes les évacuations des étudiants de Gaza vers la France, qui se faisaient par le programme PAUSE (programme qui conditionnait les départs d'étudiants vers la France à l'accord de l'Etat sioniste).

À Paris 8, après une journée de mobilisation pour la Palestine le 15 octobre, une enquête judiciaire est ouverte, soutenue par Darmanin qui déclare que « l'antisémitisme, et son corollaire l'antisionisme, doivent être combattus avec toute la force de la loi ». Sous la pression de P. Baptiste et d'organisations sionistes, le colloque « La Palestine et l'Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », qui devait avoir lieu au Collège de France en novembre 2025 est annulé. Tandis qu'à l'EHESS, le président exprime son soutien à Eva Illouz et �� l'Etat d'Israël, au moment où elle est empêchée de participer à un colloque à Rotterdam en raison de ses liens avec l'université de Jérusalem.

Le gouvernement étouffe systématiquement tout soutien au peuple palestinien par la censure de toute critique de l'État sioniste, tandis que les directions des organisations syndicales refusent de prendre en charge le combat pour le boycott ouvrier de l'Etat sioniste. Elles s'en remettent au contraire à Macron et au respect du droit international, brandi comme seule issue.

En novembre, les militants du CJR réaffirment les perspectives avancées dans le SouB n°3, en défendant la nécessité d'un combat centralisé contre la loi « antisémitisme à l'université » et contre la promulgation de ses décrets, par l'unité des organisations syndicales et de jeunesse dans l'ESR. À commencer par l'organisation d'une manifestation de masse à l'ambassade d'Israël, sur les mots d'ordre : Halte au massacre ! A bas le plan Trump, bas les pattes de Gaza et de la Cisjordanie ! Tout en avancant que la seule perspective viable pour le prolétariat du Moyen-Orient, la seule voie de salut pour le peuple palestinien, c'est la perspective de la Fédération Socialiste du Moyen-Orient (cf. Soub n°4).

Les militants du CJR s'organisent sur les universités malgré la répression

Ces perspectives sont soumises à la discussion des militants du CJR à l'Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle (ENSCI) et à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), sous la forme de motions proposées au vote de promotions. Nous publions ci-dessous le contenu de la motion adoptée après discussion à l'ENSCI (voir tract ci-après) :

Face au génocide du peuple palestinien, nous, étudiant.es à l'ENSCi - Les Ateliers, appelons les comités Palestine des autres établissements supérieurs, les organisations de jeunesse et les organisations des travailleurs (syndicats) des secteurs de la culture à nous rassembler pour tenir les positions suivantes : Halte au massacre du peuple palestinien • Boycott de l'État sioniste à l'échelle nationale, notamment le boycott académique • L'arrêt de la répression des militants qui soutiennent la Palestine et notamment l'abrogation de la loi dite « de lutte contre l'antisémitisme »

Nos positions rencontrent un certain écho dans la jeunesse étudiante là où nous intervenons parce qu'elles s'inscrivent dans des tentatives de mobilisation telles qu'elles existent. Cela se traduit également par le vote de motions par une promotion à l'EHESS et par un groupe d'étudiants de l'ENSCI, qui appellent par ailleurs à participer et à diffuser leur motion à la manifestation nationale du 29 novembre à Paris. Cependant nous sommes confrontés à la répression qui pèse lourdement sur les étudiants et qui complique la possibilité de prendre position publiquement au-delà des promotions dans lesquelles nous sommes présents. Le désarroi politique règne dans la jeunesse étudiante, qui subit les coups de l'asphyxie budgétaire dans les universités et de la censure maccartiste qui étouffe toute prise de position contre le génocide en cours à Gaza. En témoignent les difficultés rencontrées par les Comités Palestine, autour desquels l'élan des étudiants est largement retombé.

Cette séquence se termine par la manifestation nationale appelée par l'AFPS à Paris le 29 novembre sur l'axe de la bourgeoisie de « la solution à deux Etats » et du respect du « droit international ». Cette manifestation « nationale » rencontre peu d'écho, et douche les quelques tentatives de mouvement sur les universités.

Les directions des organisations de jeunesse et du mouvement ouvrier, en s'alignant sur la politique de la bourgeoisie au travers de suppliques à Macron et à la défense de la solution à deux Etats, empêchent ainsi à la jeunesse et aux travailleurs toute possibilité de mobilisation sur le terrain du boycott de l'Etat sioniste à tous les niveaux. C'est contre cet obstacle que les militants du CJR sont intervenus sur leurs lieux d'études, dans le but de faire l'expérience avec leurs camarades de promotion du combat politique à mener pour venir en aide au peuple palestinien. Cela passe par notre intervention à l'échelle de promotions ou de groupes d'étudiants, dans le but de discuter, de s'armer et de s'organiser collectivement en prenant position sur des mots d'ordres communs. Afin de faire l'expérience ensemble des obstacles dressés par la trahison des dirigeants des organisations de la jeunesse et du prolétariat, à l'université et ailleurs. C'est la traduction concrète, à notre échelle, du combat au sein de la jeunesse pour le front unique ouvrier et pour la construction d'une Organisation Révolutionnaire de Jeunesse.

Le combat en soutien au peuple palestinien, c'est en premier lieu le combat contre l'impérialisme francais et son gouvernement

Les quelques tentatives d'organisation des étudiants restent ainsi lettre morte, soumises à l'isolement fac par fac et à la répression du gouvernement relayée par les présidences d'université. Répression soutenue par les directions des organisations syndicales et de jeunesse dans l'ESR. Ainsi le 1er décembre, l'Union Etudiante et Solidaires Etudiant.es déposent des recours contre 8 universités et deux ministères et communiquent : « Ces recours préalables visent à rappeler à ces institutions et leurs dirigeants leurs obligations vis-à-vis du droit international ». Au lieu de la prise en charge d'un combat uni des étudiants contre les offensives du gouvernement à l'université, ces organisations en appellent à la légalité bourgeoise, aux bonnes intentions du gouvernement, en vertu de l'application de la solution à deux états.

Cela même alors que l'État français accentue sa politique répressive et son soutien à l'État sioniste. Une « proposition de loi visant à lutter contre les formes renouvelées de l'antisémitisme », déposé par Caroline Yadan, députée du groupe macroniste à l'assemblée nationale, vise explicitement à condamner toute remise en cause de l'Etat sionniste et comparaison avec le régime nazi. En clair, il s'agit également d'interdire toute caractérisation comme génocide de ce que subit depuis trois ans le peuple palestinien, avec à la clé 75 000 euros d'amende en cas de d'infraction, pour « apologie du terrorisme ». Tout cela, à l'heure où le génocide du peuple palestinien se poursuit, avec des bombardements quotidiens à Gaza et la colonisation en Cisjordanie s'intensifie (cf les nouvelles mesures administratives qui facilitent l'achat de terres par des colons israeliens en Palestine).

Venir en aide au peuple palestinien écrasé sous le talon de fer c'est d'abord s'organiser contre notre propre impérialisme qui soutient totalement l'État d'Israël dans son offensive génocidaire. Le projet de loi contre « les formes renouvelées de l'antisémitisme », dite loi Yadan, est une arme de ce soutien. C'est un durcissement de la politique du gouvernement qui cherche à étouffer dans l'oeuf toute remise en cause de l'État sioniste génocidaire. Si ce projet de loi est aujourd'hui suspendu, il peut à tout moment être réactivé dans le cadre d'une procédure accélérée. Un tel projet de loi doit être combattu, en exigeant sa dénonciation par les organisations du mouvement ouvrier et surtout qu'elles en combattent le vote.

Cette revendication du retrait du projet de loi Yadan sur la base du combat pour le front unique ouvrier s'est exprimée par l'intervention d'un militant du CJR à Paris 1, début février. La motion (que nous publions ci-après), est discutée puis votée à l'échelle d'un cours puis lors d'une assemblée organisée contre la hausse des frais d'inscription pour les étrangers à l'université, impulsée par des doctorants à l'origine de rétentions de copies pour s'opposer à cette hausse. Parce qu'elle s'inscrit dans le mouvement des doctorants en lui donnant une perspective politique, la motion est adoptée par l'AG, avec comme ambition, l'organisation de votes par UFR.

C'est sur l'axe de ce combat, auprès de nos camarades de promo, que les militants étudiants du CJR s'organisent et t'invitent à participer.

Thématique : Bilan d'interventionPays : Palestine
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