Halte au génocide !
A bas l’État d’Israël génocidaire !
Boycott ouvrier d’Israël à tous les niveaux, dont universitaire !
En dépit de l'avancée dramatique du plan génocidaire du peuple palestinien, l'État sioniste poursuit sans encombre sa pleine conquête de Gaza et sa réalisation du Grand Israël, objectifs ouvertement assumés. Malgré la répression, les masses arabes, le prolétariat et la jeunesse des métropoles impérialistes tentent de se mobiliser en soutien au peuple palestinien, dans une perspective internationaliste. Pourtant, les directions des organisations ouvrières se refusent à combattre leurs gouvernements complices du génocide, et laissent ainsi les mains totalement libres à leur bourgeoisie pour poursuivre le soutien actif du massacre du peuple palestinien.
En agissant de la sorte, les appareils empêchent la centralisation du combat en soutien au peuple palestinien, sur la base du boycott à tous les niveaux de l'État sioniste.
Le peuple palestinien crève de faim sous les bombes
Depuis 2 ans, l'État sioniste poursuit en toute impunité son plan génocidaire à Gaza et en Cisjordanie. Un peu moins de 2 millions de gazaouis survivent à peine sur moins de 12% de l'enclave, soit moins de 40 kilomètres carrés ! La ville de Gaza, coupée du monde depuis le 17/09, est désormais entièrement rasée et occupée par Tsahal. Netanyahu l'avait clairement exposé fin mai : « Gaza sera vidée des palestiniens, par la mort ou l'expulsion ». Son ministre du patrimoine Armichai Eliyahu avançait même, le 25/07 que « l'armée doit trouver des moyens plus douloureux que la mort pour les CIVILS à Gaza. Les tuer ne suffit pas ». L'offensive commencée le 10 septembre sur tout le secteur de Gaza avait pour objectif l'annexion pure et simple de la ville, qui restera jusqu'à nouvel ordre sous occupation israélienne. Les centaines de milliers de personnes se trouvant encore sur place furent sommées de fuir vers la bande encore accessible aux Palestiniens entre Khan Younés et la mer, avant la fermeture le 1er octobre du dernier checkpoint ouvert sur le corridor au sud de Gaza ville. Mais traumatisés par les bombardements effectués dans cette zone « neutre », beaucoup sont restés à Gaza.
Le blocage systématique de toute denrée humanitaire orchestré à Gaza depuis mars, légèrement desserré fin juillet, a eu des conséquences dévastatrices pour la population. Fin juillet, plus de 600 000 personnes dont plus d'un quart d'enfants risquaient de mourir de faim de façon imminente. Plus de 400 morts sont déjà attestés. Quelques distributions de nourriture ou d'eau potable, en pleine canicule cet été, se sont concentrées dans quelques points au sud. Encadrées par l'organisation américaine sous contrôle israélien GHF, elles ont été organisées pour servir de cible aux bombardements israéliens, afin de détourner les gazaouis de la nourriture, et de les terroriser : plus de 2500 morts depuis mars ! Les rares hôpitaux encore debout, non ravitaillés et bombardés, ne sont plus que des centres de recensement des morts.
Les denrées humanitaires qui entrent dans Gaza ne couvrent même pas quelques jours de nourriture pour tous les Gazaouis : les conditions structurelles de la famine demeurent. La situation sanitaire est déplorable et impacte en premier lieu les femmes enceintes et les enfants, soit plus d'un tiers de la population.
Israël, soutenu par l'impérialisme US et ses alliés, ravage le Moyen-Orient
Israël ne s'est jamais arrêté à Gaza et à la seule Palestine. Avec le soutien malgré lui de l'impérialisme américain, le gouvernement israélien poursuit un seul but : la réalisation du Grand Israël, plan de terreur sur tout le prolétariat du Moyen-Orient visant au contrôle de la région des deux fleuves (Nil et Euphrate), à commencer par la Palestine.
C'est pourquoi Israël mène une guerre sans fin contre les peuples et masses de la région. Soutenu par les États Unis, dont il est le dernier avant-poste au Moyen-Orient, Israël ne tient pour sa part qu'en instaurant la terreur dans la région, pour supprimer toute résistance à sa politique coloniale. Comme l'explique Stéphane Just en 1988 : « Israël ne peut vivre sans l'aide économique, financière et militaire des USA. Pourtant contre ses maîtres américains, l'État d'Israël a participé à l'expédition franco anglaise de Suez. Artificiellement implanté et uniquement par la force et la spoliation à partir de l'oppression et de l'écrasement du peuple palestinien, sur un territoire limité et militairement difficile à défendre au milieu de peuples arabes. Instrument aux yeux des peuples arabes de l'oppression et de l'exploitation impérialiste ; sa constitution ayant exigé que des centaines de milliers de Palestiniens s'expatrient en Jordanie, en Arabie Saoudite, au Liban, en Syrie et ailleurs où, concentrés dans les camps de réfugiés, ils sont des ferments de la lutte contre l'impérialisme et des foyers révolutionnaires ; chaque ouvrier, chaque paysan, chaque exploité de ces pays reconnaissant dans la cause palestinienne sa propre cause. L'Etat d'Israël n'a pas le choix, il doit pratiquer une politique expansionniste, raciste et chauvine, et tenter d'imposer par la force des armes sur tous les pays de la région la « paix israélienne ». Il doit engager des guerres préventives et les mener sans pitié. »
En réponse au génocide à Gaza les masses libanaises se sont réveillées, forçant le Hezbollah à riposter militairement. Tsahal a mené jusqu'en novembre 2024 des frappes aériennes incessantes sur tout le Liban. Après des incursions terrestres visant à détruire bâtiments et infrastructures, Tsahal a exigé avec succès le désarmement du Hezbollah par le gouvernement libanais, après avoir assassiné la majorité des cadres du mouvement il y a un an. Le Liban est laissé désarmé, ruiné et ravagé sur toute sa partie sud, avec plus de 4 000 morts, 16 000 blessés et plus d'1,5 millions de déplacés internes, plus 500 000 réfugiés en Syrie, soit 1⁄4 au total de la population !
En Syrie, le retrait militaire américain, puis le coup de force de la milice Hayat Tahrir al-Sham (HTS), ont libéré des forces centrifuges incontrôlables par le gouvernement israélien. Afin d'asseoir son autorité sur son voisin, celui-ci a ainsi bombardé plusieurs fois la Syrie, revendiquant pour lui une partie de la région de Sweida et prétextant la « défense » de la minorité druze (3% de la population syrienne), dont une partie constitue un puissant lobby sioniste en Israël. Il occupe le plateau du Golan depuis 1967, annexé en 1981, stratégique pour l'approvisionnement en eau de la région.
Enfin, derrière une position faussement modératrice, Trump a intensifié au printemps dernier les opérations au Yémen et en Mer Rouge, flanqué des impérialismes britannique et français, où les Houtis yéménites soutenus par l'Iran perturbent le commerce des partenaires criminels d'Israël.
Le 13 juin, après l'avoir affaibli dans ses relations diplomatiques (Liban, Yémen, Palestine) au prix de milliers de morts, Israël a agressé l'Iran, au prétexte fallacieux de la "menace nucléaire imminente". Cette attaque par Israël n'est pas anodine : la rivalité de ces deux pays renvoie à leur place dans les rapports impérialistes mondiaux. L'Iran s'est depuis le 07 octobre drapé d'une dénonciation active du génocide à Gaza, et s'est engagé en soutien aux gazaouis, harcelant régulièrement Israël. Cette fausse rhétorique anti-impérialiste est une concession du régime à la combativité des masses iraniennes, solidaires du peuple palestinien, qui le menaçaient encore dans ses fondements en 2022. Le régime iranien, gouvernement bourgeois issu de la révolution prolétarienne avortée de 1979, est opposé malgré ce qu'il est à l'impérialisme US. Très marginalisé à l'international par l'embargo américain, à terre économiquement, il est sans cesse menacé par la domination, y-compris nucléaire, d'Israël sur la région. Ainsi, la guerre de défense de l'Iran contre les impérialismes occidentaux et leur rejeton colonial, comme celle des Houthis au Yémen, est une guerre juste !
Dans tout le monde arabe, l'impérialisme US ne peut se passer de la présence d'Israël : quand il ne bombarde pas directement, il lui offre un soutien sans faille dans l'agression de toute menace avérée, supposée ou inventée envers l'État sioniste et ses projets.
Une nouvelle donne dans la région
Le retrait américain de la région (Irak, Syrie, Afghanistan), incapable de soutenir une occupation longue, atteste d'un changement en profondeur des lignes de force au Moyen-Orient. Reculant dans le jeu commercial et désormais indépendants énergétiquement des pays du Golfe avec leur gaz de schiste, les États-Unis maintiennent leurs prérogatives uniquement grâce à la violence de l'État colonial, notamment contre le jeune impérialisme chinois.
La persistance du soutien américain à Israël intervient dans une compétition avec la Chine pour l'accaparement des ressources de la région. En Iran, en Syrie, en Jordanie, la Chine est le premier partenaire commercial et elle est devenue en 2020 le premier importateur de pétrole dans les 6 pays du Conseil de Coopération du Golfe. Elle contrebalance ses importations en vendant à ces pays des produits de haute technologie et d'industrie de pointe, notamment militaire.
La Chine fait aussi jouer ses atouts diplomatiques, en installant sa propre base militaire à Djibouti, en déployant ses navires en Mer Rouge, en organisant la rencontre entre l'Arabie Saoudite avec ses alliés Russe et Iranien, deux camouflets pour l'impérialisme US.
La milice HTS, au pouvoir en Syrie, a par exemple tout de suite montré patte blanche aux impérialismes du monde entier pour le compte de la bourgeoisie syrienne. Malgré sa prise de pouvoir, elle est peu implantée sur le territoire syrien et reste aux prises avec d'autres factions composant "l'Armée Nationale Syrienne" (YPG/YPJ Kurdes notamment). Après l'affaiblissement des positions russes et américaines, cet État fragile est ouvertement en recherche de capitaux étrangers pour reconstruire le pays et renforcer l'assise du jeune régime. La course impérialiste aux ressources du sol syrien est lancée.
Le désengagement de l'impérialisme américain de la région libère des forces centrifuges, sur fond de désarroi politique du prolétariat
L'interventionnisme militaire coûte très cher à Washington, qui a besoin de ses alliés solides pour maintenir son ordre dans la région, Israël et l'Arabie Saoudite. Or l'Arabie Saoudite s'émancipe des USA, et Tel Aviv a poussé l'avantage ces derniers mois, outrepassant largement les plans de Washington qui suit à contrecœur. On l'a vu lors de l'attaque de l'Iran, non avalisée par Trump, mais aussi lors de la récente attaque par drones de cadres du Hamas lors de négociations de paix le 9 septembre... au Qatar, base fidèle aux États-Unis ! Cette agression démontre le refus par Israël de toute négociation au sujet de Gaza : l'objectif est d'implanter son contrôle en instaurant la terreur chez tous les acteurs de la région.
Israël n'a de cesse de saper l'autorité politique de l'impérialisme américain dans la région. Le suivisme de Trump est un aveu de faiblesse, d'où l'intervention américaine en Iran. Coupant l'herbe sous le pied de Netanyahu, il a largement endommagé l'industrie nucléaire iranienne, tout en maintenant le régime en place, évitant ainsi un scénario d'occupation Irakien ou Afghan.
Mais il l'a fait en maintenant son soutien inconditionnel à l'entreprise de Netanyahu, et lui laisse en réalité la main libre pour la réalisation du Grand Israël : Gaza, Syrie, Liban, Cisjordanie... Tous sont sacrificables pour la place forte que représente l'entité coloniale pour l'impérialisme US. C'est pourquoi Washington renouvelle l'enveloppe d'aide militaire à Tel Aviv, malgré les difficultés budgétaires de l'impérialisme américain.
Parallèlement, le peuple palestinien, complètement disloqué depuis l'échec des accords d'Oslo, est aussi désarmé politiquement contre un colon tout puissant. L'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) de Mahmoud Abbas n'a jamais été aussi impopulaire suite à sa capitulation devant Israël, d'abord dans la co-organisation de la répression sioniste au sein de l'Autorité Palestinienne, et maintenant en négociant le pouvoir en Cisjordanie et à Gaza à la sortie du génocide. Le peuple palestinien se retrouve ainsi sans organisation à même de porter ses revendications politiques. C'est uniquement à toutes ces conditions qu'Israël a pu depuis deux ans entreprendre un nettoyage ethnique à Gaza.
La "paix" impérialiste : victoire totale d'Israël, haro sur les terres gazaouis
Preuve de l'importance du soutien des impérialismes occidentaux à Israël, une nouvelle séquence s'est ouverte lorsque ceux-ci ont fait différentes propositions de « fin du massacre ». Elle prend la forme d'une compétition pour le contrôle des territoires palestiniens et la reconstruction de ceux-ci.
Aucun d'entre eux ne s'intéresse réellement au sort des Palestiniens ou à leurs droits. Tous souhaitent décrocher un rôle de pacificateur, qui leur permettrait de grappiller des parts du gâteau palestinien. C'est une négation pure et simple du peuple palestinien !
Le massacre des palestiniens, incapables de se défendre, est un énorme coup porté aux prolétariats arabes, qui identifient depuis un siècle leur sort à celui du peuple palestinien. Son écrasement total, en passe d'être réalisé par Israël et l'impérialisme, serait une défaite cuisante pour l'ensemble du prolétariat mondial. À l'inverse, tout revers infligé aux velléités guerrières d'Israël signifierait un appel d'air pour les masses arabes échaudées et un revers énorme pour les impérialismes occidentaux, d'où leur soutien inconditionnel à l'entité sioniste, y compris dans les propositions de stabilisation de la situation.
Le plan Trump de paix des cimetières conforte Israël dans son projet colonial. En écho avec l'aspiration à une paix coloniale par une partie des Israéliens, qui souhaitent la fin des opérations à Gaza par souci de sécurité et de rapatriement des otages, le « plan de paix » en 20 points signé par Netanyahu et Trump le 30/09 et validé par les États arabes (Égypte, Syrie, Arabie Saoudite), est une actualisation de ce soutien à Israël dans son entreprise génocidaire lorsqu'elle devient insoutenable.
Pour un fragile cessez-le-feu conditionnel, ils réclament le retour des otages, la capitulation du Hamas, le dépôt de toutes les armes palestiniennes, sans pour autant que cela implique le retrait de Tsahal de Gaza ! Israël a réaffirmé le refus total de toute autorité palestinienne, et s'octroie le contrôle militaire et territorial de Gaza en attendant la « sécurisation de la bande », c'est-à-dire jusqu'à nouvel ordre, à son bon vouloir.
Les impérialismes occidentaux font en réalité un pari sur l'avenir de la bande Gaza, en espérant décrocher son contrôle. Ainsi le ballet de Macron (« prêt à appliquer le plan de paix » de Trump, 01/10), Tony Blair (proposé le 29/09 pour un « gouvernement de transition de 5 ans » avec le soutien de Trump), et autres représentants de leur propre impérialisme.
La récente reconnaissance du prétendu « État de Palestine » en septembre par plusieurs impérialismes de second ordre (français, britannique, ...) et régimes arabes, actualisation de la vaine et creuse solution à deux États agitée par Macron et l'Arabie Saoudite dans la déclaration de New York (30/07/25), est une gigantesque fumisterie pour masquer le soutien de ces gouvernements à l'État sioniste.
Leur mesure phare consiste à remettre les clés de ce futur « État » à l'Autorité palestinienne (sous contrôle israélien en collaboration avec l'OLP) et à une tutelle internationale assurée... par eux-mêmes, via la capitulation totale et remise de toutes les armes palestiniennes aux mains de l'entité sioniste ! Ce dernier point figure également dans les 20 conditions de paix de Trump, puisqu'il s'agit de la première condition de négociation... d'Israël !
Macron n'a stoppé aucun partenariat industriel ou militaire avec Israël, les exportations d'armes vers Israël n'ont jamais été aussi élevées, bien que faibles comparées aux autres impérialismes. Dans son discours du 22/09/25 devant l'ONU, il réaffirme le droit d'Israël à exister (sur le territoire palestinien) et offrait en juin les troupes françaises sur place pour « défendre Israël contre l'Iran ».
La lettre ouverte de Macron à Netanyahu (Le Monde, 26/08) précise l'esprit de sa loi de répression dite « contre l'antisémitisme à l'université » (promulguée le 31/07, voir article universités) : combattre l'antisionisme qu'exprime vaillamment la jeunesse ! L'évacuation des étudiants et chercheurs palestiniens vers la France est complètement empêchée, en témoignent l'OQTF de l'étudiante palestinienne à Lille et la suspension de l'unique programme universitaire existant avec la Palestine, le programme PAUSE.
Il faut comprendre pourquoi, suite aux volontés de Trump le 4 février de faire de Gaza la « Riviera du Moyen-Orient », les régimes arabes, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, l'Égypte ou encore l'instable Syrie s'étaient fermement opposés au plan de déplacement des Palestiniens sur leur territoire. Outre les difficultés logistiques, ces régimes craignent par-dessus tout le prolétariat palestinien, qui n'aurait de cesse de mettre en cause sur leur territoire la soumission de ces États fantoches à l'impérialisme, et avant tout à l'impérialisme américain, matérialisée par leur capitulation devant la barbarie israélienne. L'indivisibilité des masses arabes contre l'impérialisme s'est déjà exprimée plusieurs fois, en 1956, en 1967, en 1988 au moment de l'Intifada, déstabilisant les régimes au pouvoir et les poussant à monter au créneau contre Israël.
Ils ont donc brandi la « solution à deux États » afin de mieux se dédouaner de la gestion des masses palestiniennes. Cela leur permet à la fois de ne pas dénoncer clairement le caractère colonial d'Israël – qui risquerait de remettre en cause les milliards de dollars d'aides qu'ils perçoivent des États-Unis – et de répondre aux mobilisations de leur prolétariat, très combatif et solidaire du peuple palestinien.
L'Arabie Saoudite est d'ailleurs l'interlocutrice privilégiée entre Mahmoud Abbas de l'« Autorité palestinienne » et les USA (et Israël), dont elle est l'une des intermède et exécutante directe du plan Trump.
En ce qui concerne l'impérialisme français, l'édito de ce numéro analyse sa pleine dégringolade. Or le plan de sortie de crise de Macron lui permet de faire semblant d'exister sur la scène internationale. Cette posture masque mal la faible influence et le manque de crédibilité de l'impérialisme français à l'international, qui n'arrive plus à défendre ses intérêts (UE, Afrique, colonies françaises, ...).
Macron s'est fait doubler par Trump et son « plan de paix », qui n'a pas manqué de l'humilier lors de la conférence de Charm El Cheikh, suite à quoi Macron fut forcé de reconnaître la supériorité de l'impérialisme américain.
La solution à deux Etats revendiquée par la France est aussi l'occasion parfaite pour les directions des organisations ouvrières de se rallier à la position de Macron (accueillie comme une victoire), exhortant celui-ci à maintenir la pression sur le gouvernement Israélien. Il faut réaffirmer encore une fois avec Liebknecht que le salut ne viendra jamais de notre bourgeoisie impérialiste, et que notre ennemi principal est notre propre bourgeoisie. Il faut exiger la rupture totale et immédiate de nos organisations avec l'impérialisme français et son gouvernement bourgeois !
Une seule perspective : la fédération socialiste du Moyen - Orient
Il n'existe pas de mouvement ouvrier en Israël, et il n'y a aucune illusion à se faire sur la société coloniale. Composée en grande majorité de binationaux, elle se fonde sous tous ses aspects sur la spoliation et la violence militaire. Toute contestation de la politique génocidaire y est conditionnée à la libération des otages et la possibilité de vivre en sécurité en Israël. Le droit du peuple juif à la terre d'Israël, fondement premier du sionisme, n'est jamais remis en cause. Après deux ans de guerre, le quotidien Haaretz indiquait encore récemment que 82% des Israéliens juifs sont favorables à l'expulsion des gazaouis.
Aucune issue n'est donc à chercher du côté d'un « prolétariat israélien », illusion qu'entretiennent pourtant des organisations de flanc-garde comme le NPA-R ou Lutte Ouvrière en France. Le NPA-Révolutionnaires explique par exemple un mois après le début du génocide que la question palestinienne se résume à « un territoire, deux peuples » et appelle à la fraternisation entre deux peuples considérés comme égaux, ce qui revient à acter la colonisation de la Palestine ! Encore le 4 septembre : « La seule perspective pour s'opposer au massacre, c'est l'amplification des mobilisations pour le dénoncer, en Israël même et dans le monde entier. » Rien sur les masses arabes, sur les impérialismes qui soutiennent Israël !
L'« internationalisme » entre colon et colonisé, censé s'opposer au "diktat de l'impérialisme", évite à ces organisations d'avoir à offrir une perspective positive du combat anti-impérialiste au Moyen-Orient et contre notre propre bourgeoisie.
Le salut pour le peuple palestinien ne viendra ni de l'intérieur de son oppresseur, ni des impérialismes occidentaux. De même, les dictatures arabes ne sauveront jamais le peuple palestinien. Certaines, comme la Jordanie, ont été montées expressément pour le contenir !
La seule perspective viable pour le prolétariat du Moyen-Orient, la seule voie de salut pour le peuple palestinien, c'est la perspective de la Fédération Socialiste du Moyen-Orient.
- Seul ce mot d'ordre pose la question du pouvoir à la fois en Palestine colonisée (appelant à la destruction de l'État colonial d'Israël) et dans les régimes arabes relais de l'impérialisme.
- Seul ce mot d'ordre souligne l'unité du prolétariat arabe avec le prolétariat palestinien, disséminé par-delà toutes les frontières tracées par l'impérialisme.
- Seul ce mot d'ordre met en perspective la responsabilité du mouvement ouvrier international devant la Palestine : c'est au prolétariat du monde entier de se révolter contre la barbarie impérialiste, et de combattre le morcellement du prolétariat du Moyen-Orient. C'est à lui d'empêcher les livraisons d'armes et toute coopération avec Israël !
Il faut dès lors être clair : lorsqu'il s'agit du soutien du peuple palestinien, de la lutte contre l'impérialisme ou de la réponse à l'agression coloniale et impérialiste israélo-américaine, un seul mot d'ordre : Soutien inconditionnel aux masses arabes et palestiniennes !
La fédération socialiste du Moyen-Orient est indispensable mais de nombreux obstacles demeurent. Certains de ces obstacles nous sont connus mais les seules masses arabes ont la connaissance de tant d'autres, c'est pour ça que notre priorité en tant que cercle révolutionnaire est de lutter contre l'obstacle qui est le plus proche de nous ; le verrou impérialiste sur la région, à commencer par celui du nôtre, l'impérialisme français. Il faut avancer la perspective du boycott ouvrier à tous les niveaux de l'Etat d'Israël, à commencer pour la jeunesse par le boycott universitaire.
La bourgeoisie française ne s'y trompe pas, toute mobilisation en soutien de la Palestine est une menace pour ses intérêts. Et c'est en réponse à cette menace que l'État déploie sa féroce répression, notamment envers la jeunesse. Et les gesticulations diplomatiques de Macron ne sauraient cacher ce déchaînement. Pilotée à l'échelle de l'État, cette répression doit être combattue de manière coordonnée à l'échelle nationale, et non dénoncée ou négociée fac par fac... Que ce soit en appelant au droit international (LFI, UNEF), à la bonne volonté du gouvernement (CGT) ou en organisant un boycott local sans front unique (NPA-R, LPL), les organisations revendiquant la défense des intérêts de la jeunesse et du prolétariat manquent à leurs responsabilités. D'où la nécessité de combattre pour la constitution d'une Organisation Révolutionnaire de Jeunesse, à même de porter les revendications de la jeunesse et de soutenir activement la lutte du peuple palestinien.
Mais le génocide en cours en Palestine nous le démontre, les prolétariats de chaque pays font face à des obstacles et des verrous dont certaines des clefs se trouvent hors de leur portée, et les masses en ont l'intuition, en témoigne la mobilisation internationale pour Gaza. Le souffle de révolte dit de la Gen Z témoigne également de cette saine intuition. Un constat est alors sans appel : la nécessité pour la jeunesse d'un cadre pour communiquer, se coordonner et se soutenir et c'est en ce sens que nous appelons à combattre pour la constitution d'une Internationale Révolutionnaire de la Jeunesse.
Le combat en soutien du peuple palestinien prend en outre, en France, la forme du Front unique Ouvrier contre le budget de guerre 2026 en cours d'élaboration.
Arrêt immédiat du massacre !
Boycott d'Israël à tous les niveaux !
Le 04/10/2025