Socialisme ou Barbarie Dernières publications
SEPTEMBRE 2023

LA SITUATION POLITIQUE EN IRAN ET NOTRE COMBAT

Le 16 septembre 2022, la mort de Masha Amini déclenche un soulèvement populaire en Iran contre le régime islamique et son ayatollah Khamenei. Depuis, les femmes, la jeunesse et les travailleurs iraniens sont la cible d'une répression sanglante, médiatisée par d'effroyables exécutions publiques. Si les puissances impérialistes ont parfois condamné la répression du régime islamique, elles n'ont en réalité jamais soutenu les Iraniens face à ce dernier. Au contraire, les sanctions économiques décidées, US en tête, qui ont frappé l'Iran n'ont pas atteint le régime. Ce sont les masses iraniennes qui ont encaissé le coup, renforçant la misère des masses laborieuses. C'est en supprimant les subventions sur l'alimentation que les Pasdaran maintiennent leur train de vie.

Le 16 septembre 2022, la mort de Masha Amini déclenche un soulèvement populaire en Iran

Le 16 septembre 2022, la mort de Masha Amini déclenche un soulèvement populaire en Iran contre le régime islamique et son ayatollah Khamenei. Depuis, les femmes, la jeunesse et les travailleurs iraniens sont la cible d'une répression sanglante, médiatisée par d'effroyables exécutions publiques. Si les puissances impérialistes ont parfois condamné la répression du régime islamique, elles n'ont en réalité jamais soutenu les Iraniens face à ce dernier. Au contraire, les sanctions économiques décidées, US en tête, qui ont frappé l'Iran n'ont pas atteint le régime. Ce sont les masses iraniennes qui ont encaissé le coup, renforçant la misère des masses laborieuses. C'est en supprimant les subventions sur l'alimentation que les Pasdaran maintiennent leur train de vie.

La France s'est illustrée par la répression des manifestants iraniens en direction de l'ambassade d'Iran à Paris. C'est le seul pays, hors Iran, à l'avoir fait. Les directions syndicales (CGT, FO, FSU, UNEF) se sont totalement alignées sur la position de Macron et de l'impérialisme français, c'est-à-dire le « soutien » symbolique à un « comité de solidarité » confidentiel en vue d'un « rassemblement » symbolique à l'ambassade….et une audition auprès de l'ambassadeur de la République islamique pour discuter du sort de détenus syndicaux. Il faut le dire, les dirigeants ont trahi, alors même que les Iraniens étaient pendus sur la place publique ! Il était de leur responsabilité d'organiser un appel des organisations ouvrières et démocratiques à manifester massivement à l'ambassade d'Iran contre la répression, pour les libertés démocratiques et la libération des prisonniers.

Nos camarades lyonnais sont intervenus dans ce sens, par l'organisation d'une réunion publique à l'ENS Lyon, intitulée « Iran, comment organiser la solidarité internationale ? ». Cette réunion a permis la rédaction d'un appel, aux côtés d'étudiants iraniens de l'ENS. Il a été signé localement par une quarantaine de personnes, ce qui a permis discussion et prise de contact sur cette base politique, en vue de faire prendre position aux différents syndicats de l'ENS pour qu'ils exhortent leur direction à appeler à une manifestation de front unique devant l'ambassade d'Iran à Paris. Enfin, ces réunions ont permis de produire des rapports sur la situation iranienne et sur l'histoire du pays, en particulier sur la révolution de 1979, confisquée au prolétariat iranien par l'ayatollah Khomeini. On trouvera ci-après les produits de cette intervention à Lyon et Montpellier par l'appel de l'ENS, la prise de position de l'UNEF Montpellier ainsi qu'un exposé produit à la suite de ces interventions.

Exposé sur la situation politique en Iran, 9 février 2023

L'année 2022 et le début 2023 marque le début d'un nouvel épisode de soulèvement de la jeunesse, des étudiants et des femmes en Iran contre le régime des mollahs. Même atténué en ce moment, le mouvement est toujours présent, comme la braise qui couve sous la cendre. Ce reflux temporaire est survenu quand le régime a encore accentué la terreur au début de l'année 2023 en condamnant à mort des manifestants et en exécutant plusieurs, parfois très jeunes. En libérant récemment une toute petite partie des emprisonnés, le gouvernement instille une infime dose d'un semblant de clémence dans un océan de terreur. Il espère ainsi casser le soulèvement de la jeunesse et des femmes, car il craint par-dessus tout que les travailleurs le rejoignent en masse. Ce serait alors un péril mortel pour lui, comme ce fut le cas à partir de 1978 quand les travailleurs du pétrole ont entraîné les masses jusqu'au renversement du Shah d'Iran. Notre invitation à cette réunion pose la question : Comment venir en aide à la jeunesse iranienne ? Avant d'essayer d'y répondre, il est essentiel d'aborder l'histoire du pays et notamment la révolution de 1978/1979.

L'Iran, un pays longtemps sous l'emprise de l'Impérialisme

L'Iran a longtemps été dominé par les pays impérialistes, d'abord britannique puis étasunien. Pays semi-colonial sous dépendance, l'Iran a été incapable de régler des problèmes tels que celui des nationalités très nombreuses ou la question agraire. Les impérialismes dominent économiquement et politiquement par tous les moyens les pays anciennement colonisés. Lorsque les gouvernements en place respectent cette domination, les impérialismes agissent avec une certaine discrétion. Dès lors que leurs intérêts sont remis en cause, aussitôt, c'est la brutalité qui prévaut. Soit un coup d'État est fomenté pour se débarrasser du gouvernement récalcitrant. Soit c'est directement par une intervention militaire, qu'ils rétablissent leur domination et la préservation de leurs intérêts. Pendant des dizaines d'années le Shah d'Iran a été au service des impérialismes et plus particulièrement de celui des États-Unis. Il a fait d'ailleurs de son pays une base stratégique pour les USA, leur armée et leurs services secrets. Il n'a pas utilisé la rente pétrolière devenue énorme à partir du choc pétrolier de 1973, pour améliorer la situation des masses. Il a consacré une part très importante de cette manne à l'achat massif d'armes et à d'autres dépenses improductives et de prestige. Les inégalités sociales ont explosé et la corruption, atteint des sommets. Face à la montée de la contestation, pour assurer le maintien de son pouvoir, il a exercé une terrible répression. Sa police politique — la Savak — réprime toute opposition politique par des emprisonnements arbitraires, par la torture et de nombreuses exécutions sommaires. Corruption, inégalités sociales et terrible répression, c'est le même cocktail qui prévaut aujourd'hui avec le régime des mollahs.

1978-1979 : la révolution

De l'aube au zénith...

En 1977 une récession soudaine engendre une très forte inflation des prix des produits alimentaires et des logements. Malgré la répression, des manifestations de rue expriment le rejet de la dictature du Shah. Elles rassemblent intellectuels, étudiants, avocats, artisans, marchands du bazar et une masse de paysans venus chercher du travail en ville. Le 8 septembre 1978, les manifestants qui défilent dans Téhéran au cri de « À bas le Shah ! » sont réprimés dans le sang. Les innombrables morts de ce « vendredi noir » vont exacerber la volonté d'en finir avec le Shah. Désormais le mot d'ordre qui prévaut c'est « À mort le Shah ! ». 5 jours plus tard, le prolétariat industriel, principalement du pétrole, rentre en grève. Puis ce sont les travailleurs d'autres corporations. Le Shah tente bien de désamorcer cet embrasement général en proposant des augmentations de salaire de 50 %. Mais son sort est déjà scellé même s'il l'ignore encore.

C'est un déferlement au niveau de la classe ouvrière. La grève s'étend. Les revendications économiques se conjuguent aux exigences politiques et démocratiques : levée de la loi martiale ; libération des prisonniers politiques ; non-ingérence de la Savak dans les usines. Des comités de grèves sont constitués, des syndicats indépendants sont créés. La classe ouvrière entraîne la mobilisation des étudiants, des intellectuels, des journalistes qui obtiennent l'abolition de la censure et la Liberté de la presse. La lutte des minorités nationales, en particulier Kurde, est exacerbée. La production pétrolière est interrompue. Et le mouvement du prolétariat balaie toutes les tentatives de répression et d'intervention de l'armée. À la fin de l'année 1978 l'appareil d'État bourgeois du régime du Shah est en morceaux et le pouvoir est aux organes locaux, tantôt ouvriers, tantôt au compte du clergé et de la classe marchande traditionnelle (les bazaris). Une situation de double pouvoir se dessine avec d'un côté l'État et les institutions du pouvoir monarchique qui vacillent et de l'autre des comités de toute nature qui tendent à les supplanter.

Vers le crépuscule : L'absence de parti révolutionnaire dessine la contre-révolution

Mais les différents comités qui se sont constitués ne représentent pas les mêmes forces sociales. Il y a certes d'un côté la classe ouvrière qui occupe une place déterminante dans le système de production. Mais cette classe sort d'une très longue période pendant laquelle, sans organisations indépendantes, sans syndicats, elle était condamnée à rester dans l'ombre et dans l'immaturité. De l'autre côté, il y a le cléricalisme chiite bien structuré qui s'appuie, non sur les ouvriers mais sur les commerçants du bazar. Et l'absence d'une force consciente et organisée au sein de la classe ouvrière va avoir de terribles conséquences. Seul un parti ouvrier révolutionnaire aurait pu aider le prolétariat à saisir le caractère réactionnaire et anti-ouvrier de la hiérarchie chiite. Seul un parti ouvrier révolutionnaire aurait pu orienter le prolétariat à la conquête du pouvoir pour la mise en place d'un gouvernement capable d'assurer les besoins des masses contre les intérêts des impérialismes. Seul un parti ouvrier révolutionnaire aurait pu conduire ces comités ouvriers locaux à briser l'État monarchique et à en finir avec la propriété privée des moyens de production. Mais ce parti ouvrier révolutionnaire n'existait pas alors. Avec l'irruption de la révolution iranienne, l'impérialisme est confronté au rejet brutal de la monarchie à sa botte par les masses. Il est amené à se tourner vers la bourgeoisie nationaliste et surtout vers le clergé chiite. Ce dernier jouissait d'une certaine aura auprès des masses car perçu comme foncièrement antimonarchique. Et surtout, avantage apprécié des impérialismes, il était doté d'une organisation massive et hiérarchisée. Il est profondément enraciné dans la société, notamment auprès des bazaris et des masses de paysans sans travail qui vivent dans les bidonvilles très dépendant de la charité religieuse. Il est donc pour les impérialismes le mieux à même de faire refluer la révolution et de préserver leurs intérêts. Les impérialismes lâchent le Shah qui est contraint de fuir son pays. Le nouvel homme des impérialismes, c'est désormais Khomeini. Le président français Giscard, qui quelques mois auparavant avait proposé au Shah d'éliminer Khomeini réfugié en France, affrète un avion pour lui permettre de rejoindre Téhéran.

La contre-révolution en marche

Dès son arrivée sur le sol iranien, Khomeini va chapeauter les conseils révolutionnaires pour mieux les liquider dans des « shuras » (conseils islamiques aux ordres du régime). Il coupe court à toute velléité de réforme agraire favorable aux paysans. Et surtout, il organise dans le pays une répression terrible. Il constitue un appareil d'État-bis avec les Pasdarans et les bassidjis. Il emprisonne et massacre des dizaines de milliers de militants. Il ferme les universités et licencie la majorité du corps enseignant. Il écrase dans l'œuf de toutes les velléités d'organisation indépendante du prolétariat. Il impose l'ordre « islamique » aux femmes, qui se voient interdire l'exercice de nombreux métiers… Ainsi, en l'absence d'une organisation révolutionnaire centralisée des travailleurs, la contre révolution islamique a pu succéder à la monarchie du Shah. Khomeini a ainsi rempli la première partie du contrat avec les impérialismes : écraser totalement la révolution iranienne et restaurer un État fort. Mais pour ce faire, il a dû user d'une rhétorique anti-impérialiste et a été amené à procéder à l'expropriation des banques et des industries étrangères. La réaction des impérialismes a été terrible. Ils ont suscité et encouragé la guerre déclarée par le dictateur irakien Sadam Hussein contre l'Iran. Celle-ci était censée être brève tant était évidente la supériorité militaire de ce pays qui bénéficiait de plus de l'appui militaire et financier de tous les impérialismes. Pourtant débutée en 1980, cette guerre a duré 8 ans. Pendant des dizaines d'années, une succession de sanctions et d'embargos contre l'Iran a dramatiquement affecté d'abord et avant tout la situation des masses. Cette politique des impérialismes a été habilement exploitée par le régime des mollahs comme un ciment national pour défendre la « citadelle assiégée » et résister au « tous contre nous ». Au fil des ans, on assistera à un accaparement de la richesse nationale par le régime et ses institutions. La nouvelle caste qui détient tout le pouvoir, c'est la hiérarchie cléricale chiite s'appuyant sur toutes les forces de répression (armée, gardiens dits de la révolution, etc).

La situation actuelle

Une rupture de la jeunesse avec l’illusion réformiste : 1999 - 2009 - 2017- 2019.

A plusieurs reprises, des tentatives de combat contre le régime des mollahs toujours réprimés dans le sang vont se succéder. Ce sont les étudiants qui relèveront la tête les premiers : Dès 1999, ils manifestent pour réclamer des libertés démocratiques. Puis, en 2009, la contestation dite Vague Verte manifeste en soutien au candidat perdant des élections présidentielles, Mousavi (« un réformateur ») contre Ahmadinejad (ultraconservateur). Les manifestants viennent des quartiers aisés, et n'ont pas de lien avec la classe ouvrière. Enfin, viennent les émeutes de la faim, d'abord en 2017 en réaction à la coupe de subventions des produits nécessaires à l'alimentation, suite à l'élection de Rohani (un réformateur !). Le pays est traversé par une vague de manifestations, avec des mots d'ordre qui pointent très vite la dictature islamique en son entier. C'est une rupture car pour la 1ère fois depuis 1979, le régime est ouvertement remis en cause. Une 2ème vague de manifestations suit en 2019-2020, en réponse à la hausse importante des prix de l'essence. La répression de Rohani est terrible, faisant plus de 1500 morts. Les illusions sur la possibilité de combattre le pouvoir en le réformant disparaissent alors. Ainsi, lors des élections présidentielles de 2021, Raïssi est élu mais avec 52 % d'abstention. Il faut noter que malgré les répressions, la classe ouvrière entamera assez régulièrement des grèves dans certains secteurs. Des tentatives de constitution de syndicats indépendants et clandestins auront lieu dans des conditions extraordinairement difficiles. C'est dans ce contexte que se produit le soulèvement de 2022 déclenché lors de la mort de Mahsa Amini.

La situation des masses en dégradation accélérée

La mort de Mahsa Amini le 16 septembre 2022 déclenche une série de manifestations et amorce un soulèvement général de la population contre le régime islamique. Le soulèvement des masses iraniennes s'inscrit dans une situation économique désastreuse. L'inflation officielle est de 40%, probablement bien plus. C'est le reflet de la crise économique que connaît l'Iran. Crise qui, par le biais des réformes Rohani, élu en 2017, est entièrement supportée par les masses et le prolétariat. Les sanctions économiques, principalement contre les exportations pétrolières, conjuguées à l'incurie, à la corruption et aux dépenses militaires délirantes font de plus en plus plonger l'Iran dans le marasme. Loin des chiffres affichés par le régime, le nombre d'Iraniens sous le seuil de pauvreté est estimé à 80 % de la population.

La situation des femmes, des minorités nationales et de la jeunesse

Si les femmes, la jeunesse et les minorités nationales sont à l'avant-garde du récent soulèvement, c'est que celles-ci subissent de plein fouet une oppression insupportable. Toutes les femmes sont dans une situation de négation de toute indépendance économique. Mais en plus, leur droit de vivre à leur guise, de se vêtir comme elles l'entendent leur est interdit. La jeunesse même instruite et diplômée n'a pas d'avenir économique autre que le chômage et les petits boulots et cherche massivement émigrer. Quant aux minorités (Kurdes, Azéris, Baloutches, Arabes…), elles sont parmi les franges les plus exploitées. Leurs droits nationaux sont bafoués et elles sont en butte à une persécution généralisée et à une répression souvent sanglante. C'est donc naturel que ces composantes de la société iranienne soient à l'avant-garde de la lutte contre un régime honni, pour en finir avec l'oppression et la répression du régime autocratique.

Actualité et répression

Il est compliqué d'avoir des informations précises sur la situation en Iran. Si la contestation frontale semble s'être calmée en décembre/janvier, l'intensité croissante de la répression du régime contre les masses semble désigner une situation où celle-ci est plus diffuse. En effet depuis début janvier, il y a déjà eu 2 pendaisons de manifestants et 2 autres semblent être imminentes. De nombreux journalistes sont emprisonnés (34 à la mi-décembre). Pour autant, des lézardes semblent se dessiner au sein même du régime, comme le montre l'épisode de la fausse dissolution de la police des mœurs. Il y a une contradiction insoluble pour l'establishment de la RII : soit satisfaire les revendications économiques, ce qui imposerait de briser les privilèges du clergé, des militaires et des capitalistes liés au régime. Il est bien sûr impossible pour le régime de saper la base de son pouvoir. Quant à concéder des libertés civiles et politiques dans des conditions économiques inchangées, ce serait ouvrir la voie au déferlement des masses pour en finir avec le régime. Le budget 2023-2024 de Raïssi nous indique la voie choisie. Des augmentations exorbitantes sont affectées aux organes de répression. L'objectif du pouvoir est de se maintenir en misant tout sur la force des armes. Une politique identique n'avait pas pour autant sauvé le régime du Shah, certes dans un autre contexte historique.

Perspective pour le mouvement des femmes et de la jeunesse : la réappropriation de la révolution de 78/79

L'Iran est un pays où la jeunesse, et particulièrement les étudiants, a un rôle politique important. La jeunesse est très nombreuse et concentrée dans les lieux d'études. Ouverte au monde et aux idées, plus que jamais c'est un foyer « naturel » d'activité politique. Aujourd'hui, ses revendications sont particulièrement politiques. S'en prendre aux photos des tyrans manifeste la volonté d'en finir avec le régime de la RII. Mais pour y parvenir, la haine du régime et l'aspiration à la « démocratie » ne suffisent pas. Il faut apprendre de l'histoire. En particulier comprendre comment la révolution de 1978-1979, où le prolétariat occupait la place centrale, a pu être confisquée par l'ayatollah Khomeini et ses bandes. Cette connaissance est indispensable pour forger l'instrument nécessaire et déterminant : un parti de la classe ouvrière et de la jeunesse apte à entraîner les masses vers le socialisme, pour un Iran, débarrassé de l'État des mollahs, de l'exploitation capitaliste et de l'oppression des femmes et des minorités nationales.

Organiser la solidarité Internationale

La répression de toute manifestation de solidarité de la diaspora par le régime islamiste.

Le régime islamique emploie la terreur contre les manifestants en Iran et menace les Iraniens réfugiés à l'étranger qui expriment un soutien aux manifestations de leur pays d'origine. Dans ses prisons, le pouvoir pratique massivement le tabassage, la torture et le viol contre les manifestants.

Ce qu’est la pseudo-solidarité de la bourgeoisie.

Face au soulèvement iranien, les puissances impérialistes ont fait preuve soit d'un profond silence, soit de mesures de rétorsion économiques contre l'Iran qui affectent les seules masses et pas le pouvoir. Le peuple iranien n'a rien à attendre d'elles. En témoigne la rencontre entre Macron et le président iranien à New York, le 21 septembre. Devant les photographes, quelques jours après la mort de Mahsa Amini, Macron serre ostensiblement la main du responsable de son meurtre. Et quatre jours après, Macron réprime avec force la manifestation de milliers d'iraniens se dirigeant à Paris vers l'ambassade d'Iran. Il y a chez de nombreux proclamés soutiens au mouvement engagé en Iran la volonté de le réduire à de simples manifestations pour le droit des femmes. Mais le refus de porter le voile va bien au-delà de cela. Il signifie la remise en cause de la République Islamique, régime théocratique qui se maintient au pouvoir par la répression, par sa politique anti-ouvrière et par des dogmes qui placent toute la société sous un carcan insupportable. Le mot d'ordre qui est devenu central, c'est : « Mort à la dictature ». Cela a le mérite de la clarté.

Qui peut venir en aide au mouvement engagé par les Iraniens ?

Comme on peut le voir actuellement dans les grèves et les manifestations contre la réforme des retraites, la force sociale et politique la plus puissante dans notre pays, c'est la force du mouvement ouvrier organisé. Ce sont les directions syndicales, si elles le décident, qui ont le pouvoir d'organiser un mouvement de solidarité concrète avec les masses iraniennes en lutte et en butte à une terrible répression. Or jusqu'à présent ces dirigeants se sont refusés systématiquement de convoquer une manifestation à l'ambassade d'Iran. Pire, ils viennent d'envoyer une lettre à l'ambassadeur d'Iran dans laquelle ils demandent à s'entretenir avec lui afin d'obtenir des informations « sur les raisons ainsi que sur les conditions de ces détentions de militants syndicaux » sans même exiger leur libération. Notre combat au contraire est d'exiger des responsables des organisations syndicales, des partis qui se réclament du mouvement ouvrier et des organisations démocratiques qu'elles convoquent une manifestation massive devant l'Ambassade d'Iran à Paris pour exiger :

  • Halte aux exécutions de manifestants !
  • Libération immédiates de tous les manifestants emprisonnés
  • Levée des poursuites judiciaires engagées contre eux
  • Respect du droit de manifester et des libertés démocratiques
  • Suppression de toutes les discriminations envers les femmes

Voilà le combat que nous menons et que nous encourageons à mener pour imposer, en particulier aux dirigeants des organisations syndicales. Mener le combat contre le régime des mollahs doit se mener devant sa représentation dans tous les pays, c'est-à-dire devant les ambassades. Les Iraniens sont très sensibles aux manifestations qui expriment à l'étranger un soutien franc et sans détour au combat qu'ils mènent — eux — dans leur pays, au péril de leur vie.

Appel de 36 personnes

Depuis le soulèvement populaire déclenché par la mort de Mahsa Jina Amini, cela fait plus de trois mois que les femmes, la jeunesse et les travailleurs d'Iran subissent la répression orchestrée par Khamenei, le "Guide suprême" de la République Islamique.

Avec déjà 500 morts et environ 20 000 arrestations et emprisonnements, les Gardiens de la Révolution maintiennent la terreur par la répression de ceux qui se mobilisent pour en finir avec la République islamique.

Récemment, la répression s'est accentuée au travers d'effroyables exécutions publiques, avec déjà quatre morts par pendaison, ce qui résonne cyniquement avec les exécutions réalisées par la République Islamique en 1988. Désormais, le simple fait de manifester est passible d'exécution, et les condamnés à mort se comptent en dizaines.

Pour ne pas laisser les manifestants iraniens isolés face à la répression en Iran, nous nous adressons aux directions syndicales (CGT, FO, FSU) et étudiantes (UNEF, Solidaires) pour qu'elles appellent à manifester devant l'ambassade d'Iran, en réalisant un front uni des organisations syndicales sur les mots d'ordres suivants :

  • Pour l'arrêt immédiat de la répression en Iran, en particulier l'usage d'armes à feu
  • Pour l'arrêt des exécutions de manifestants
  • Pour la libération des prisonniers politiques ou emprisonnés en raison de leur religion, leur appartenance ethnique ou leur orientation sexuelle
- Pour le droit de manifester et le respect des libertés démocratiques

Les sections syndicales et organisations politiques suivantes ont repris à leur compte cet appel : CGT FERCsup ENS de Lyon et écharde.

Pays : Iran
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